Lorie Kane n'a plus de statut de joueuse à temps plein sur le circuit de la LPGA, ce qui fait qu'elle n'a disputé que deux tournois cette saison.

L'ambassadrice qui veut gagner

Lorie Kane n'est plus à son apogée comme en 2000 lorsque la Classique du Maurier a été présentée au club Royal Ottawa et qu'elle avait pris le cinquième rang, quatre petits coups derrière Meg Mallon.
À 52 ans, la golfeuse de l'Île-du-Prince-Édouard fait maintenant office de « grande dame » du golf canadien et a même un titre d'ambassadrice golf de la compagnie titulaire de l'Omnium canadien CP, mais n'allez surtout pas lui dire qu'elle n'a pas de chance de lutter pour le titre cette semaine au club Ottawa Hunt.
Malgré la présence de jeunes louves comme Brooke Henderson, dont elle est une grande partisane, elle ne demanderait pas mieux que de causer une surprise et de devenir la première Canadienne depuis Jocelyne Bourassa en 1973 à remporter le titre du tournoi canadien du circuit de la LPGA.
« J'ai toujours adoré jouer à la maison. Pour moi maintenant, comme ambassadrice de CP qui aide à amasser des fonds pour des oeuvres de charité importantes, c'est une situation "gagnante-gagnante". Mais même si je ne joue plus autant que je le souhaiterais, mon jeu va dans la bonne direction. L'objectif est de jouer aussi bien que je le peux, d'être compétitive et de lutter pour le trophée dimanche. Certains peuvent penser que ce n'est pas réaliste, mais quand je mets le tee dans la terre, c'est pour gagner. Je vais faire mon possible, aider à amasser de l'argent avant le tournoi tout en gardant mon énergie pour jeudi », a-t-elle confié lundi.
Kane n'a plus de statut de joueuse à temps plein sur le circuit de la LPGA, ce qui fait qu'elle n'a disputé que deux tournois cette saison, ratant le cap de qualification après deux rondes à chaque occasion.
Celle qui a presque 7 millions $ en gain à vie sur ce circuit a quand même passé 20 belles années sur le circuit, la plupart d'entre elles avec Dawn Coe-Jones comme principale rivale et amie chez les golfeuses canadiennes. Cette dernière est décédée en novembre dernier à l'âge de 56 ans après une bataille contre un rare cancer des os, et Kane lui rend hommage en portant un ruban jaune et un logo avec ses initiales sur sa casquette.
« J'espère que personne ne va l'oublier. Je me suis appuyée sur Dawn plus qu'elle ne le réalisait probablement. Elle me donnait des coups de pied au derrière quand j'en avais besoin. Quand j'ai commencé à jouer des Omniums canadiens ou des Classiques du Maurier, je ressentais beaucoup de pression. Je n'arrivais pas à trouver l'équilibre entre l'excitation de jouer au Canada et bien jouer, ce qu'elle faisait. Elle m'a encouragé à jouer en tant que fière Canadienne et à utiliser les amateurs pour m'aider au lieu de me nuire », a-t-elle indiqué en conférence de presse mardi.
Comme fière Canadienne, Lorie Kane est évidemment fière de voir ses jeunes compatriotes qui la poussent vers la sortie, Brooke Henderson en tête.
« Cette semaine, j'espère que les gens chez eux vont la pousser à finir juste derrière moi, peut-être, a-t-elle blagué. Je ne suis pas inquiète pour elle face à cette pression de jouer devant les siens. Aussi jeune soit-elle, elle est extrêmement sage. Elle est capable de se concentrer une fois rendue entre les cordes, j'imagine que c'était la même chose quand elle mettait les jambières et qu'elle était gardienne de but au hockey. On le sait comme Canadiens, les gardiens ont une mentalité différente, et Brooke a ça. Je pense qu'elle n'a pas peur des projecteurs, et elle n'a pas peur de faire des erreurs parce qu'elle sait qu'elle peut rebondir de celles-ci », a-t-elle confié au Droit.
Méthot «un fan»
Dans l'armée de partisans de Brooke Henderson cette semaine au club Ottawa Hunt, il faut compter un de ses membres les plus célèbres, l'ancien des Sénateurs Marc Méthot. Même s'il prépare son déménagement à Dallas, où il a été échangé cet été après avoir été réclamé au repêchage d'expansion pour les Golden Knights de Las Vegas, l'arrière franco-ontarien passera une bonne partie de la semaine au Hunt, et il était du pro-am dont Henderson était l'hôtesse lundi. « Je suis un grand fan de Brooke Henderson, je l'ai rencontrée pour la première fois sur le terrain il y a deux semaines, j'ai envoyé ma balle dans son allée par erreur et je suis allée lui serrer la main. Elle est très cool, vraiment intelligente et gentille. Ça va être le fun de la suivre cette semaine », a-t-il confié.
Autre pro-am
Alors que les rondes de pratique de mardi ont été perturbées par la température peu clémente, la journée de mercredi permettra à seulement une cinquantaine de golfeuses de fouler les allées du Ottawa Hunt alors que deux tournois pro-am seront tenus, l'un en avant-midi et l'autre en après-midi. Brooke Henderson doit jouer à 8 h du matin, tout juste après les Lydia Ko (7 h 40) et Paula Creamer (7 h 50) avec un départ du premier trou. Michelle Wie jouera également tôt en matinée (7 h 40), ce qui est habituellement le choix des joueuses les mieux classées. Lorie Kane a un départ à 13 h 30, elle, et d'autres gros noms comme Morgan Pressel, Christie Kerr, Laura Davies et Karrie Webb joueront aussi en après-midi, tout comme la Québécoise Maude-Aimée Leblanc. Les joueurs des Sénateurs Mark Stone et Cody Ceci seront notamment de la partie.
Pas de problème
Les deux gros orages de la journée de mardi, incluant celui en matinée où de la grêle est tombée dans le sud d'Ottawa, ne devraient pas trop affecter les conditions du parcours, selon son surintendant, Eric Ruhs, qui a tenu un point de presse mardi matin. « Malheureusement cet été, nous avons été habitués à composer avec beaucoup de pluie. Nous avons une bonne équipe de jeunes qui travaillent tôt sur le terrain, et nous avons une vingtaine de bénévoles qui se sont joints à nous pour le tournoi, incluant quelques surintendants d'autres parcours de la région », a dit Ruhs.