Gilles Aubé, candidat péquiste dans le comté de Hull.

Laïcité: Aubé souhaite une clause grand-père

Gilles Aubé a eu beau clamer haut et fort, mercredi, devant les étudiants du Cégep de l'Outaouais, que seul le Parti québécois pouvait offrir une Charte des valeurs au Québécois, il n'a pas réussi à convaincre l'auditoire que sont parti était le champion de la laïcité.
Tous les autres candidats présents ont affirmé être en faveur de la laïcité et être d'accord avec la très grande majorité du projet de Charte présenté par le PQ, sauf pour la question des signes ostentatoires.
Le candidat d'Option nationale, Eid Harb, a accusé le Parti québécois d'avoir réduit la laïcité à une simple stratégie électoraliste. «C'est une stratégie importée des conservateurs pour galvaniser leur électorat cible et diviser les autres», a-t-il lancé, recevant automatiquement les applaudissements de la foule.
Benoît Renaud s'est aussi attiré la sympathie de l'auditoire avec une réplique assassine à l'endroit du Parti québécois. «La Charte des valeurs est l'un des pires projets de loi de toute l'histoire du Québec et c'était le pire mauvais coup du PQ avant le recrutement de Pierre Karl Péladeau», a-t-il affirmé.
En entrevue avec LeDroit, au terme du débat, Gilles Aubé a indiqué souhaiter que le projet de charte des valeurs renferme des clauses grand-père permettant aux gens dans la fonction publique qui portent déjà des signes ostentatoires de pouvoir les garder, et d'appliquer la Charte aux nouveaux employés.
«Je suis tout à fait ouvert à cette idée si ça peut permettre de respecter les gens, a indiqué M. Aubé. Ce sera à Bernard Drainville d'intégrer ça dans son projet.»
L'ex-premier ministre du Québec, Lucien Bouchard, avait qualifié cette idée de clauses grand-père, il y a quelques mois, d'«échappatoire menant au chaos social». Selon lui, un tel régime de droits acquis ne passerait tout simplement pas le test de la réalité.
La Charte comparée à une publicité de shampoing
Pour Souleymane Haydara le projet de charte de la laïcité proposé par le Parti québécois est l'équivalent d'une publicité de shampoing. « Des cheveux propres, d'allure saine, a-t-il lancé. C'est du plastique. C'est superficiel. »
Le jeune étudiant de 19 ans en sciences humaines piaffait d'impatience d'intervenir dans le débat qui opposait les candidats, mercredi, au Cégep de l'Outaouais. « Le Parti québécois est plus dans le paraître que dans l'être avec son projet, a-t-il expliqué au Droit. Il s'attarde aux signes religieux, c'est anodin. Une vraie laïcité, ce n'est pas ça. »
Souleymane est de confession musulmane. Il est né au Québec et il n'apprécie pas du tout l'ambiance depuis que le PQ a présenté son projet de chartes des valeurs.
Il rêve lui aussi de laïcité, mais d'une véritable laïcité, ajoute-t-il. « Une vraie laïcité permet de mettre toutes les religions sur un pied d'égalité. Le but recherché doit être de vivre dans une parfaite cohésion avec toutes les religions. Une vraie laïcité rassemble, elle ne divise pas. »
Une «mauvaise atmosphère»
En s'attardant aux signes ostentatoires, le PQ provoque une « mauvaise atmosphère » au Québec, dit-il. Il raconte que sa mère, qui travaille comme gestionnaire au gouvernement, perçoit de plus en plus d'hostilités de la part de certains collègues. 
« Je comprends qu'il y a un historique au Québec avec la religion, dit-il. À cause de ça, certains sont très réticents envers la religion et ce qu'ils veulent est très concret. Mais en même temps, au lieu de s'ouvrir, ils se ferment. Cela n'est jamais bon. »
Souleymane ajoute qu'il est anti-islamique d'imposer le voile à une femme. « Mais il est anti-liberté de la forcer à l'enlever, note-t-il. C'est son choix et il doit être respecté. »