La transparence de la «police des polices»

CHRONIQUE - COLLABORATION SPÉCIALE / La mort d'Andrew Loku aurait-elle pu être évitée? Le fait qu'on se pose encore la question, près d'un an après les faits, montre bien les limites de la surveillance des corps policiers en Ontario.
Comme c'est toujours le cas lorsque des agents de police sont impliqués dans un incident, l'Unité des enquêtes spéciales (UES) de la province s'est penchée sur la mort de M. Loku, abattu par un policier de Toronto à l'été 2015 après une altercation avec des voisins bruyants.
L'UES est l'un des rares organismes civils indépendants dans le monde qui détient le pouvoir de mener des enquêtes et de ​déposer des accusations criminelles contre des agents de police.
​Mais 10 mois après la mort d'Andrew Loku, on ne sait toujours pas dans quelles circonstances exactes la police a ouvert le feu sur cet homme de 45 ans - un réfugié qui avait dû laisser une famille derrière lui au Soudan du Sud pour fuir la guerre civile, et qui portait toujours des séquelles mentales de son périple au bout de l'enfer.
La police aurait-elle pu maîtriser M. Loku autrement? Était-il nécessaire d'ouvrir le feu sur lui? De l'abattre? L'UES le sait. La procureure générale de l'Ontario le sait. Mais personne d'autre ne le sait.
L'auteur est producteur et premier rédacteur d'#ONfr. Retrouvez son équipe sur le web au tfo.org/onfr et sur les ondes de TFO les jeudis à 20h50.