Simon Prud'homme et Pierre-Louis Poulin, de l'Aubergiste dans le secteur Aylmer. Le nouveau resto suit la tendance dans le secteur avec l'arrière de bonnes tables.

La tendance se poursuit avec L'Aubergiste

La relance culinaire du secteur Aylmer se poursuit avec l'ouverture récente de L'Aubergiste, un petit bistro de la rue Principale. La demeure de l'aubergiste de l'auberge Symmes - d'où le nom -, au XIXe siècle, a été complètement refaite tout en respectant l'aspect général de la construction d'origine.
Pendant trop longtemps, le secteur Aylmer a été le lieu de bien rares restaurants d'intérêt. Trop de chaînes étouffaient la demande pour une cuisine de qualité conçue par des chefs sur place, pas en laboratoire commercial. L'Échelle de Jacob, très discret, a longtemps tenu le fort, avant de fermer ses portes en 2012. Il était appuyé par Ambrosia (Cote Jury 14/20, septembre 2007), par le Bifstro marin, lui aussi fermé.
Soudainement, depuis un an, ça s'active dans l'industrie. Amazonas (Cote Jury 12/20, septembre 2013), la grilladerie Bostaurus (Cote Jury 14,5/20, mai 2013), le Bistro Bord'eau (Cote Jury 13,5/20, février 2013) les ont rejoints, comme le 182 Bistro Mexicana, et un resto thaï aussi. Des commerces alimentaires comme la boulangerie Les deux frères et l'épicerie fine Chorizo et Chèvre noire se sont ajoutés à quelques irréductibles bouchers et boulangers. Sans parler du spécialiste de bières, le bistro L'Autre oeil.
Pèlerinage
Aujourd'hui, les Aylmerois n'ont plus besoin de faire des kilomètres vers le secteur Hull pour bien manger. L'inverse se constate: des dîneurs curieux des autres coins de Gatineau, et même d'Ottawa font le petit pèlerinage vers Aylmer pour aller comprendre comment s'est opérée une telle transformation.
Et ils sont nombreux à l'avoir adopté, même après quelques petits mois. C'est qu'il y a de l'ambiance. Avec 40 places (et autant de prévues sur la terrasse estivale), il ne suffit que de quelques tablées pour y mettre de la vie. Mais c'est un problème heureux auquel sont confrontés les créateurs de L'Aubergiste, Pierre-Louis Poulin et Simon Prud'homme, car l'endroit est très couru. Des réservations sont de mise pour éviter toute déception.
Le duo a travaillé fort et pendant plusieurs mois pour voir à la construction de la maison d'antan tout en respectant l'air du passé. Depuis l'ouverture du bistro, ils voient maintenant au respect d'une cuisine actuelle, ancrée sur des plats traditionnels comme le très humble pain de viande ou le pâté chinois (revu et rehaussé avec du canard et de la pomme de terre sucrée). Autre audace, il est servi dans un large verre pour que les curieux voient bien les étages: voilà qui est amusant et différent.
Cette portion, elle est modeste; on aura compris que L'Aubergiste mise sur un menu constitué d'une quinzaine d'assiettes de dégustation, offertes entres 4 et 15$. Pour inciter les gens à revenir, la cuisine propose aussi trois ou quatre assiettes sur ardoise, plus copieuses et un peu plus chères.
Beaucoup de roquette
Ce soir-là, le repas s'amorce avec trois pétoncles de belle taille, peut-être un peu trop saisis. Des feuilles de roquette servent de lit sous les mollusques: la touche et la couleur constituent un bon complément. Mais lorsque la roquette revient dans six plats sur sept, ça envoie le message que les garnitures sont à revoir... et que la cuisine manque d'imagination.
Mais elle ne manque pas de maîtrise pour certains plats, comme cette soupe de betteraves. Ce légume a un goût qui ne plaît pas à tous, il faut savoir en adoucir les aspérités, ce qui est fait de belle façon chez L'Aubergiste.
Quant aufish & chips à la morue, ou aux quenelles sur lit de ratatouille. Ils illustrent pour leur part que les fritures n'ont pas de secret. Pas trop grasses, croquantes et bien dorées, comme les frites maison d'ailleurs. Des trois, on regrette le format réduit... mais le prix le reflète.
Au dessert, la maison vante la crème brûlée. Ce sera le principal accroc de la soirée. Le miroir (le sucre grillé en surface) est parfait mais l'appareil (l'intérieur) est raté. Trop liquide, froid dans certains coins. Et c'était ce qu'il y avait de plus original... un coup de main d'un pâtissier s'impose donc.
Pour deux personnes, calculez entre 50 et 60$, plus taxes, boissons et service.
Renseignements: L'Aubergiste, 58, rue Principale, Gatineau, Qc.
Téléphone: 819-557-3858
Cote Jury: 15/20
La chronique Restaurants fait relâche avec le congé scolaire. De retour fin mars.