La scierie de Maniwaki a été fermée pour une période indéterminée par PFR, le 9 mai dernier, à cause des difficultés d'approvisionnement qu'impose le nouveau régime forestier en Outaouais.

La scierie de Maniwaki cessera complètement ses activités en mai

D'importantes difficultés d'approvisionnement en bois forcent la compagnie Produits forestiers Résolu (PFR) à cesser complètement ses activités à la scierie de Maniwaki pour une période indéterminée.
Ce sont 80 travailleurs qui se retrouveront sans emploi dès les premiers jours de mai, lorsque l'inventaire de bois à la scierie sera complètement écoulé. De manière indirecte, ce sont aussi près de 200 emplois en forêt qui seront fragilisés par cette fermeture dans la MRC de la Vallée-de-la-Gatineau. C'est toute l'économie de la Haute-Gatineau qui s'en ressentira dans les prochaines semaines.
«Cette décision malheureuse est due exclusivement à un problème d'approvisionnement en bois à la scierie, a précisé Karl Blackburn, directeur des affaires publiques de PFR. Le gouvernement est au fait de la situation particulière de l'Outaouais depuis quelques années, il reconnaît que le parterre forestier de la région abrite une mixité importante et que cela amène une problématique quant à l'approvisionnement.»
La députée libérale sortante de Gatineau, Stéphanie Vallée, précise que ce qui arrive aujourd'hui en Haute-Gatineau est une «conséquence directe d'une mise en application trop rigide du nouveau régime forestier».
De fait, le nouveau régime en place depuis un an a réduit l'approvisionnement garanti en bois pour Résolu, et la mixité de la forêt de l'Outaouais complique énormément le système de mise aux enchères. Plusieurs essences d'arbre présentes dans nos forêts ne trouvent pas preneur, ce qui fait augmenter de beaucoup le coût des opérations forestières.
Le préfet de la MRC de la Vallée-de-la-Gatineau, Michel Merleau, note que le gouvernement du Québec reconnaît la spécificité de la forêt de l'Outaouais et que cela mérite une attention particulière. «Mais Québec ne semble pas savoir quoi faire pour adapter le régime forestier à notre particularité, c'est ça le problème», affirme-t-il.
Gatineau à risque
La fermeture de la scierie de Maniwaki deviendra rapidement une épée de Damoclès au-dessus de la tête des travailleurs de l'usine de PFR à Gatineau, rouverte il y a tout juste un an. C'est que 80% de l'approvisionnement en copeaux de bois de la papetière, à Gatineau, provient de Maniwaki.
«Ça ne met pas en danger les opérations à Gatineau, à court terme, précise M. Blackburn, mais il est clair que tant que la problématique ne sera pas réglée à Maniwaki, ça va créer une incertitude à Gatineau. Ça va provoquer une pression importante sur l'approvisionnement à Gatineau. Il peut y avoir des alternatives, mais cela dépendra toujours des coûts.»
Selon nos informations, il en coûterait entre 25$ à 40$ de plus pour produire une tonne de papier à Gatineau si la compagnie doit s'approvisionner en copeaux de bois à partir d'une autre scierie que celle de Maniwaki. «C'est certain que la proximité entre Maniwaki et Gatineau est un avantage pour nous, explique le porte-parole de la multinationale. Il peut y avoir une alternative, mais nous sommes dans un marché très compétitif et nos clients sont très exigeants [...]. Les coûts de production demeurent un élément clé pour nous. Pour Gatineau, nous ne pouvons vraiment présumer de rien.»