Le directeur national de santé publique, Dr Alain Poirier.

La santé publique juge improbable une troisième vague de H1N1

Les autorités québécoises de la santé publique estiment qu'il est peu probable qu'une troisième vague de grippe A (H1N1) frappe la population.
Le directeur national de la santé publique, Alain Poirier a affirmé que de nouveaux cas se produiront mais qu'ils n'augmenteront pas.
Lors d'une conférence de presse, durant laquelle la fin de la deuxième vague de la pandémie a été confirmée, M. Poirier a estimé que 70 pour cent de la population avait été immunisée au cours des derniers mois, que ce soit par la vaccination ou après avoir souffert de la maladie.
Selon M. Poirier, cela diminue fortement les risques de progression du virus A (H1N1).
«La probabilité d'une troisième vague (...) est fort peu probable, a-t-il dit. Il y aura des cas, sporadiques, individuels, comme il y a même parfois en été des cas de grippe.»
Signe que les risques de contagion ont fortement diminué à travers la province, les femmes enceintes qui avaient bénéficié d'un retrait préventif, notamment les enseignantes, pourront réintégrer leur travail, a indiqué M. Poirier.
«On revient aux conditions antérieures d'application du programme Maternité sans danger, a-t-il dit. Celles qui ont été retirées seulement sur la base du H1N1 peuvent donc réintégrer leur emploi.»
Au total, près de 4,4 millions de Québécois, soit 57 pour cent de la population, ont été vaccinés contre ce virus grippal dans le cadre de l'opération de masse qui a été amorcée cet automne.
Depuis la fermeture des grands centres d'immunisation, le 18 décembre dernier, 45 540 personnes se sont prévalues du vaccin.
Malgré des données indiquant que la souche A (H1N1) s'est avérée moins mortelle que prévu, le ministre de la Santé, Yves Bolduc, a estimé que la campagne de vaccination massive a permis de sauver des vies.
«Lorsqu'on a pris la décision, il y a quelques mois, on ne savait pas quelle serait la virulence du virus, a-t-il dit. Je crois qu'il est préférable de faire plus que pas assez.»
M. Poirier a affirmé que les experts en santé publique avaient recommandé aux autorités d'offrir la vaccination volontaire à toute la population.
«Est-ce qu'il y eu quelque chose de démesuré dans le fait de l'offrir de façon volontaire à tous les Canadiens? Je ne pense pas», a-t-il dit.
M. Bolduc a affirmé que le coût de l'opération de vaccination était évalué à 200 millions $, mais que les chiffres définitifs ne sont pas encore compilés.
Le vaccin contre la grippe A (H1N1) continue d'être disponible mais M. Poirier a estimé que 2 millions de doses demeureraient inutilisées. Selon lui, il est plus probable qu'elles soient données à d'autres pays que vendues.
Le coût de chaque dose, d'une valeur de 8 $, a été assumé à 60 pour cent par le gouvernement fédéral, Québec déboursant 3,20 $ par flacon.
Par ailleurs, M. Poirier a indiqué que la campagne de vaccination contre la grippe saisonnière, qui avait été retardée en raison de l'opération contre le H1N1, débutera le 11 janvier.
Le vaccin sera disponible dans les cabinets de médecins et les centres locaux de services communautaires (CLSC). Il sera gratuit pour les personnes présentant un risque plus élevé de complications en raison de leur âge ou de leur état de santé.