La recette de la poésie instrumentale

Esmerine débarque en Outaouais ce soir et demain pour venir déballer ses oeuvres mêlant musique de chambre moderne expérimentale et accents post-rock. Un rendez-vous pour les fines oreilles qui s'intéressent à ce qui se fait de non-commercial dans la Belle Province.
Bruce Cawdron (percussions et marimba) est un ex-Godspeed You! Black Emperor résidant à Wakefield. De son côté, Rebecca Foon (violoncelliste) partage occasionnellement son savoir-faire avec Thee Silver Mt. Zion, un autre groupe bien connu de la scène post-rock canadienne. Ces deux cerveaux musicaux sont à l'origine d'Esmerine, un quatuor qui a vu le jour en 2001 et qui a lancé en septembre dernier un quatrième opus intitulé Dalmak.
Principalement enregistrée à Istanbul, en Turquie, après une tournée européenne réalisée en 2012, cette galette de neuf pièces étalées sur 42 minutes regroupe des ambiances sonores anatoliennes et post-rock. Fruit d'une collaboration entre le groupe et une pléiade d'artistes du pays rencontrés là-bas, Dalmak sera au coeur des spectacles présentés à Wakefield et Saint-André-Avellin.
«La musique turque et le post-rock ont en commun l'aspect drone qui permet de garder une note tout le long de la chanson et où les harmonies des autres instruments tournent autour de celle-ci. C'est un peu la tradition Godspeed et post-rock. C'est un mélange de tout ça que nous avons fait. Je pense qu'on a créé un bel album», lance Cawdron à propos du quatrième disque d'Esmerine.
«On garde nos racines classiques, mais je pense que nous sommes allés dans de nouvelles directions. Nous avons plus de percussions et nos arrangements sont plus vivants. On joue aussi beaucoup plus avec des aspects électroniques, par exemple avec des pédales. C'est intéressant», renchérit l'artiste, qui est également acuponcteur à ses heures.
Esmerine ne fait pas dans les sonorités prémâchées. Et pas besoin d'avoir des paroles pour passer un message. D'ailleurs Cawdron et ses acolytes se plaisent autant aujourd'hui qu'il y a 12 ans à créer ces oeuvres instrumentales. Leur objectif n'est pas de s'attirer les groupies.
«Nous ne sommes pas limités, note le percussionniste. On peut créer des voyages de 7 ou 15 minutes. C'est un peu comme la musique classique. On fait de la poésie de sons où on évoque une image par les mélodies et les harmonies.
Esmerine promet de jouer des chansons tirées des trois premiers albums lors de cette petite tournée outaouaise.
POUR Y ALLER
OÙ? L'Auberge du Mouton noir (Wakefield) et le P'tit Café de l'Auberge (Saint-André-Avellin)
QUAND? Vendredi 20h30 à Wakefield et samedi 21h à Saint-André-Avellin