Pierre Patry a plaidé coupable aux accusations de production et possession de matériel pornographique juvénile, le 20 janvier dernier. Il a reçu sa sentence hier.

La prison pour un «superhéros» qui produisait de la porno juvénile

Un Gatinois de 64 ans séjournera en prison pour avoir produit et joué dans un film pornographique juvénile en portant le costume d'un superhéros, il y a un peu plus de trois ans.
La jeune victime, un garçon alors âgé de cinq ans, connaissait bien l'accusé, Pierre Patry. Celui-ci gardait à l'occasion le jeune enfant. La famille du garçon lui faisait confiance, jusqu'au jour où la mère a découvert chez l'homme une collection de DVD, dont certains étaient recouverts d'images montrant des enfants dans des positions sexuellement explicites.
Un des DVD était un « film » dans lequel le fils de la dame et le suspect « campaient » les rôles de superhéros. Tous les deux portaient des costumes.
Sans trop détailler les événements, Pierre Patry, qui portait une sorte de support athlétique, a demandé à au moins une reprise à l'enfant de le « frapper » dans l'entrejambe. Les deux n'étaient toutefois pas dévêtus.
Lors de sa saisie, la police de Gatineau a découvert une centaine de photos sur d'autres supports informatiques.
Pierre Patry a plaidé coupable aux accusations de production et possession de matériel pornographique juvénile, le 20 janvier dernier. Il a reçu sa sentence hier. Le juge Réal Lapointe a entériné la proposition commune de la Couronne et de la défense d'imposer à l'accusé une peine de 12 mois de prison et deux ans de probation.
L'avocat de Patry, André St-Onge, a déclaré devant le tribunal que son client avait rapidement reconnu les faits, collaboré à l'enquête, et complété avec succès une thérapie au Centre d'intervention en abus sexuels pour la famille. « Il n'a jamais nié et regrette amèrement. »
Le sexagénaire ne pourra approcher des enfants de moins de 16 ans, sauf sous la surveillance d'un adulte. Il ne pourra pas naviguer sur Internet et rôder autour des parcs où peuvent se trouver des enfants. Il devra fournir un échantillon d'ADN et s'inscrire au registre des délinquants sexuels.
M. Patry s'implique dans sa communauté et offre du temps comme bénévole auprès de personnes à mobilité réduite, a fait savoir son avocat au juge Lapointe.
« Parfois, a analysé le juge Lapointe, l'accusé est très jeune, dans les premiers instants de sa vie d'adulte ; il est facile de ne pas avoir d'antécédents. Ici, monsieur est âgé de près de 65 ans et ne présente pas d'antécédents judiciaires. Il a respecté ses engagements pendant deux ans et demi. Toutefois, il y a lieu de comprendre, dans la peine minimale, l'importante dénonciation du geste de Pierre Patry. »