Kathleen Wynne a dénoncé une tendance du gouvernement fédéral à renoncer à la consolidation de l'unité nationale, et «plus particulièrement, dans ce cas, à tourner le dos à l'Ontario».

La première ministre Wynne reste muette sur les mesures

La première ministre de l'Ontario, Kathleen Wynne, vise à attirer davantage des immigrants francophones dans sa province, mais les mesures concrètes pour y parvenir demeurent floues pour l'heure.
Le projet de loi 161, présenté en première lecture le 19 février dernier à l'Assemblée législative, vise à conserver le poids démographique des francophones en Ontario, notamment en assurant que 5 % des nouveaux immigrants s'expriment dans la langue de Molière. Cette cible a été fixée par la province il y a quelques années pour assurer le fait français en Ontario. Or, l'immigration relève du gouvernement fédéral.
« Nous travaillons avec le gouvernement fédéral et différents intervenants afin d'augmenter l'immigration francophone et d'améliorer l'accès aux services (francophones) afin de relever ce défi », a affirmé Mme Wynne au Droit hier lors de son passage dans la capitale nationale.
Elle n'a toutefois pas précisé le champ d'action de son gouvernement pour parvenir à une telle cible, restant plutôt vague.
« Hormis le Québec, l'Ontario est la destination principale des immigrants francophones au Canada », a-t-elle aussi déclaré hier, laissant entendre la nécessité d'un plan pour conserver un ratio minimum de francophones.
D'ailleurs, selon Statistique Canada, les citoyens ontariens dont la première langue parlée est le français ont diminué de 2006 à 2011. Les recensements font état d'une baisse de 4,5 % à 4,3 %.
Puisque le projet de loi 161 n'a été présenté qu'en première lecture à Queen's Park, il pourrait mourir au feuilleton si jamais des élections sont déclenchées prochainement, comme il est pressenti dans les milieux politiques.