Guy Nantel se présente, Corrompu, à la Maison de la culture demain soir.

La pourriture de l'homme, pas celle de l'individu

Dans Corrompu, son 4e one man show, qu'il vient présenter jeudi à la Maison de la culture, le corrosif Guy Nantel met son doigt dans les rouages de la machine politique, pour mieux gratter les bobos démocratiques.
Ce n'est toutefois pas pour contribuer à 'l'écoeurantite' envers la chose public, mais bien pour «faire réfléchir» en rappelant une évidence : «'Tous pourris!?' Non. Mais 'tous humains!» précise l'humoriste, qui, sur scène, à travers son «personnage symbolique», rappellera qu'il n'est pas moins corrompu ni corruptible qu'un autre. 
Lui qui se définit comme «un peu humoriste, un peu polémiste, un peu philosophe» assume son joyeux cynisme, tout en restant conscient des risques qu'il véhicule. 
«L'art en général, et pas juste l'humour [doit] déranger. Créer, c'est provoquer et susciter des questionnements. [...] C'est possible que [l'humour cynique] ait cet effet-là [susciter le désengagement démocratique], mais ça reste un effet secondaire. 
«Le spectacle ne parle pas que des politiciens. Corrompu, ça s'adresse avant tout à ceux qui sont dans la salle... moi compris. Je mets tout le monde dans le même panier. [Parce que] la base de ce spectacle-là, c'est aussi rappeler que, faire la morale aux autres, c'est facile, mais quand on a la chance de ne pas se faire prendre, on est tous des tricheurs. » 
À sa petite échelle, le gars qui quitte le bureau avec une boîte de stylos cachée dans sa poche, n'est pas différent, résume-t-il. «En fait, c'est de la corruption de l'âme dont il est question» dans ce show qui fouille les préjugés au quotidien, l'immoralité ordinaire, et qui s'amuse à explorer les limites entre ce qui est 'correct' (ou du moins perçu comme tel) et ce qui ne l'est plus.
«Pas d'humour militant»
Guy Nantel ne voit rien d'alarmiste à son discours. Le phénomène «n'est pas nouveau: depuis l'antiquité, toutes les structures humaines fonctionnent de la même façon, dans tous les pays du monde. Partout où il y a du pouvoir, ou de l'argent, il y a de la [cupidité] ou de la pourriture. Il ne faut pas endurer ça. Mais, à l'inverse, il ne faut pas penser que les seuls pourris qu'on a sont ceux qui nous dirigent», lance-t-il. 
«D'ailleurs, on est [au Canada] dans un des endroits où il y a le moins de corruption.»
Le système de collusion révélé par la commission Charbonneau viendra nourrir un petit quart d'heure de ricanements, mais cette actualité est cantonnée à la périphérie de son spectacle, précise l'humoriste. 
Car, contrairement aux Zapartistes, dont les allégeances politiques sont connues, Guy Nantel «parle très peu d'individus» lorsqu'il s'attaque aux politiciens. 
«Je ne fais pas d'humour militant: je n'aime pas ça. Évidemment, si un parti est au pouvoir, ça va donner l'illusion que je frappe un peu plus de ce côté-là, simplement parce que c'est lui qui comment les erreurs. Mais [mon approche] est plus philosophique, et je ne me sers jamais de ma tribune pour dire aux gens de quel côté voter.
POUR Y ALLER :
Où ? Maison de la culture
Quand ? Jeudi 13 février, 20 h
Renseignements ? 819-243-2525; www.salleodyssee.ca