La nouvelle Tracy

Tracy Albon se trouvait grosse.
<p>Tracy Albon n'y va pas par quatre chemins: «(Il y a un an) j'étais grosse.» Aujourd'hui, elle est dans une forme physique exemplaire.</p>
J'aurais pu écrire la phrase précédente avec un peu plus de tact, je le sais. J'aurais pu écrire que Tracy se trouvait légèrement obèse. Ou qu'elle faisait de l'embonpoint. Ou encore qu'elle n'aimait pas ses rondeurs.
Mais cette jeune Aylmeroise de 21 ans n'y va pas par quatre chemins pour décrire sa forme physique d'il y a un an: «J'étais grosse, lance-t-elle. Je mesure 5'3» et je pesais plus de 165livres, j'étais grosse.»
Et elle se trouvait tellement... corpulente, que sa vie sociale en souffrait. En fait, tout son être en souffrait.
«Je ne sortais plus de chez moi, raconte-t-elle. J'évitais les miroirs. C'était rendu au point où, le matin, je ne me préparais plus à sortir pour mes cours à l'université. Je sortais de ma chambre, je m'attachais les cheveux, j'enfilais un sweatshirt et je partais pour l'école. En classe, j'avais l'air de quelqu'un qui était chaque jour en fin de session. Je mangeais mal. Et à ce temps-ci de l'année, j'étais toujours malade. Je ne m'aimais pas. Je ne m'aimais plus.»
Tracy connaissait toutes les excuses pour expliquer ses... rondeurs. «C'est génétique», se répétait-elle, même si elle savait bien que ce n'était pas le cas. «J'ai des gros os», se disait-elle alors pour se convaincre que son embonpoint était hors de son contrôle.
«Mais dans le fond, je savais que les autres ne pouvaient rien faire pour moi et que c'était moi le problème, dit-elle. Je ne bougeais pas et je mangeais mal. Quand j'allais, par exemple, dans un restaurant de sushi à volonté, disons que je ne me gênais pas. Et quand t'es aux études, c'est plus facile et rapide d'aller se chercher du McDo plutôt que de se préparer un bon souper. Donc c'était le Big Mac. Au cinéma, le pop-corn était suivi d'une tablette de chocolat. Mon copain et moi mangions dans les restaurants trois ou quatre fois par semaine, où je ne prenais pas du poulet et une salade. C'était des frites comme accompagnement. C'était comme ça. J'étais malheureuse, je ne m'aimais pas, mais je ne faisais rien pour m'aider.»
Mais il y a un an, une flamme a jailli en elle au même moment de souffler les 20 bougies sur son gâteau d'anniversaire. C'est à ce moment précis qu'elle a réalisé qu'elle devait changer.
«Je débutais la vingtaine, dit-elle. Et c'est dans la vingtaine, dit-on, que nous sommes supposés être au sommet de notre forme physique. Mon copain Joey et moi allons nous marier l'hiver prochain en République dominicaine. Donc une nouvelle vie débutait et j'aurais dû être heureuse. Mais je regardais le '2' et le '0' sur mon gâteau, et j'étais malheureuse. Et c'est à ce moment-là que je me suis fait une promesse. Une promesse de changer. C'était maintenant ou jamais.»
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Le lendemain de sa fête, elle a commencé à s'entraîner et à surveiller son alimentation. Au fil des mois, elle a réussi à perdre une vingtaine de livres.
«Mais à un moment donné, j'ai atteint un plateau dans ma perte de poids», se souvient-elle.
Elle s'est donc jointe en novembre dernier au club d'entraînement physique Nautilus Plus, où elle a participé avec 40 autres personnes au concours «Je me prends en main». Au terme de ce concours de trois mois, elle s'est classée parmi les six finalistes en lice pour gagner un forfait-voyage.
Comment a-t-elle pu atteindre la finale? En perdant 27 autres livres en 90 jours...
Aujourd'hui, elle est rayonnante et dans une forme physique exemplaire. Et elle commence à peine à réaliser qu'elle n'est plus la jeune femme qu'elle était.
«L'autre jour, raconte-t-elle, je suis allée m'acheter un pantalon. J'ai toujours porté des pantalons de grandeur 14. Mais là, j'ai essayé un pantalon de grandeur 2 et, à ma grande surprise, il m'allait à la perfection. J'étais tellement émue que je me suis mise à pleurer dans la cabine d'essayage! Et pour la première fois depuis des années, je me suis dit: 'Wow! Je suis belle!'. Je n'en croyais pas mes yeux.
«Et la semaine dernière, j'étais à Cuba avec mon copain. Et pour la première fois, je n'ai pas eu peur de sortir de ma chambre en bikini. Je n'avais jamais fait ça auparavant.
- Et est-ce que le regard des gens envers toi - des hommes, surtout - a changé?, que je lui demande.
- Oh oui!, répond-elle en s'esclaffant et en repoussant ses longs cheveux blonds tombés sur ses grands yeux bleus. Il n'est pas rare au gymnase qu'un homme m'approche pour m'inviter à sortir.
- Et avant?
- On ne me regardait pas.
- Tu ne trouves pas ça un peu hypocrite, Tracy? Après tout, t'es restée la même personne que t'étais avant de perdre du poids.
- Je sais. Et oui, c'est un peu hypocrite. Mais c'est la société d'aujourd'hui. Et je suis très heureuse avec mon copain. Nous sommes ensemble depuis sept ans et nous nous marions l'an prochain. Mais avant de lui dire 'oui' et de l'aimer pour la vie, je devais d'abord apprendre à m'aimer moi-même. Et c'est ce que j'ai fait. Ça n'a pas été facile. Les sacrifices ont été innombrables. Mais j'avais la volonté, je voulais changer. Et ce défi m'a permis de comprendre que je peux maintenant faire n'importe quoi. Si ma tête le veut, je le peux. Et je n'ai jamais été si bien et si heureuse de toute ma vie.»
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Pour remporter le concours Je me prends en main de Nautilus Plus, Tracy Albon doit obtenir des votes du public. Pour l'aider: www.nautilusplus.com/fr/concours/.