Les six membres du groupe Monogrenade: Jean-Michel Pigeon, Julie Boivin, Marianne Houle, Mathieu Collette, Ingrid Wissink et François Lessard.

La nouvelle dimension de Monogrenade

De la musique spatiale à compositions humaines : la formation Monogrenade propulse Composite, son deuxième album, dans une nouvelle dimension.
« C'est vrai que les relations humaines et les différentes facettes de nous-mêmes, qui font de nous des êtres complexes, sont au coeur de ce deuxième disque. Ce n'est pas pour rien qu'on l'a intitulé Composite ! » lance en riant le leader du groupe, Jean-Michel Pigeon, à l'autre bout du fil.
Le parolier et compositeur ne cache pas avoir puisé dans la vie de tournée de sa joyeuse bande une matière riche à explorer.
« On a passé beaucoup de temps ensemble, sur la route, au cours des deux dernières années, raconte le principal intéressé. Mais en même temps que nous avons la chance d'approfondir nos liens, entre nous, nous croisons aussi plein de gens, en tournée. Des gens qui, souvent, sortent de nos vies tout aussi vite qu'ils y sont entrés. J'ai eu envie de réfléchir à ces rapports humains, entre autres. »
L'auteur, compositeur et interprète soutient ne pas être devenu poète pour autant.
« Je demeure plus à l'aise avec les notes qu'avec les mots », précise-t-il.
Il ne faut donc pas être surpris de l'entendre parler du « beau hasard » par lequel Composite s'est notamment teinté d'inattendues touches électro.
« Il y avait quelques synthétiseurs, en studio, et ils ont carrément ouvert une dimension spatiale à ce que j'avais envie d'exprimer ! » lance Jean-Michel Pigeon.
Cela dit, marier ces synthés à la batterie de Mathieu Collette ainsi qu'aux cordes autrement organiques de Monogrenade (soit ses guitares, le violoncelle de Marianne Houle et la basse de François Lessard) et du quatuor Mommies on the run, a représenté un beau défi pour le musicien.
« Ç'a donné des couches intéressantes et une texture différente, qui nous ont menés ailleurs. »
Propulsion inversée
À la base, le processus de création de Composite s'est aussi inscrit « à l'inverse » de celui du précédent, Tantale.
Si pour son premier opus le groupe avait privilégié l'intensité d'expérimenter et de créer pendant deux mois dans un chalet, il a plutôt opté pour le long terme, cette fois.
« On a échelonné le travail sur un an en studio, mentionne Jean-Michel Pigeon. Ç'a été un autre trip, d'explorer de nouveaux horizons avec une plus grande liberté, côté horaire. »
Pour sa prochaine tournée (qui devrait s'arrêter au Petit Chicago), Monogrenade a également choisi de jouer la carte de la liberté du nombre. À son noyau dur se grefferont donc les violonistes Julie Boivin et Ingrid Wissink.
« On était tannés d'avoir recours à des pigistes pouvant changer d'un spectacle à l'autre. Là, Julie et Ingrid se joignent à nous à temps plein, ce qui va nous permettre de vraiment les intégrer et de pouvoir évoluer tous ensemble, sur scène », se réjouit le chanteur et musicien.