François Julien, 46 ans, jongle avec deux chapeaux: le vice-doyen de l'école de gestion Telfer est aussi directeur musical des Chansonniers d'Ottawa. Il dirige ainsi 65 véritablies missionnaires de la chanson française en Ontario.

La musique et les affaires dans le sang

Le jour, il est vice-doyen de l'école de gestion Telfer de l'Université d'Ottawa. Le soir, il est directeur musical de la chorale Les Chansonniers d'Ottawa.
François Julien, 46 ans, a la musique dans le sang. Fils de Gilles et de Françoise Julien, les fondateurs de la troupe Les Chansonniers, M.Julien chante depuis toujours.
 
Il s'est joint à la chorale de ses parents à l'âge de 16 ans. Durant ses études supérieures à Waterloo, il a fait partie de la chorale de l'université de l'endroit. Et de retour dans son patelin, à Orléans, il est devenu directeur musical adjoint des Chansonniers d'Ottawa, avant de prendre la relève de son père à la direction générale de cette chorale vieille de 35 ans.
Les Chansonniers d'Ottawa autrefois connus comme Les Chansonniers de Blackburn Hamlet, puis de Gloucester sont la voix musicale de la francophonie ontarienne. Ils sont plus de 65 hommes et femmes de tout âge à se regrouper régulièrement pour chanter leur fierté et offrir des spectacles en français aux quatre coins de la province.
«Quand mes parents sont arrivés de Québec, en 1971, ils se sont établis à Orléans, de raconter François Julien. Mon père a vite réalisé que les francophones de l'Est ontarien avaient besoin de se rassembler et de partager un loisir ensemble. Il a donc fondé Les Chansonniers en 1974, et son rêve existe toujours, 35 ans plus tard.»
«Notre répertoire de chansons est presque entièrement francophone, c'est ce qui nous distingue, poursuit-il. Notre but premier est de promouvoir la langue française. Et nous comptons des choristes de tous les âges. Des gens à la retraite, des étudiants universitaires, des francophiles qui veulent pratiquer et perfectionner leur français, des hommes et des femmes de toutes les sphères de la société. Mon père voulait que Les Chansonniers soient une occasion pour les francophones de se rassembler et de célébrer ensemble leur culture et leur langue. Et c'est encore vrai 35 ans plus tard.»
Les Chansonniers d'Ottawa sont plus populaires que jamais. Une tournée du nord de l'Ontario en 2007 a attiré plus de 1200 spectateurs. Et en mai prochain, ce sont les Acadiens du Nouveau-Brunswick qui accueilleront cette chorale franco-ontarienne dont la réputation au Canada français n'est plus à faire.
«En 1974, Les Chansonniers de Blackburn Hamlet comptaient une quinzaine de choristes, se souvient M.Julien. Mais depuis la fin des années 1970 et le début des années 1980, nous sommes approximativement 65 chanteurs et chanteuses dans cette troupe. Ce nombre n'a jamais diminué depuis. Et la relève est là, donc je ne vois pas la fin des Chansonniers. Et heureusement», ajoute-t-il en souriant.
Le français et les affaires
L'implication de François Julien dans la francophonie ontarienne ne s'arrête pas à la chanson, à la danse et à la musique. À titre de vice-doyen de l'école de gestion Telfer, M.Julien voit à l'ensemble des programmes francophones de cette école universitaire.
«Au cours des dernières années, dit-il, le nombre d'étudiants francophones à l'école de gestion a grimpé de 20%.»
«On fait beaucoup de recrutement dans les écoles secondaires franco-ontariennes. Et les Jeux du commerce nous permettent d'accueillir à chaque année de nombreux étudiants francophones venus de partout en Ontario qui viennent découvrir notre école et nos programmes dans le cadre du volet Place à la jeunesse», de conclure M.Julien.