L'auteure-compositrice-interprète Dom La Nena affirme et assume, tant musicalement que vocalement, une deuxième offrande qui fait résonner haut et fort qui est-elle et ce qu'elle sait faire: Soyo.

La mélancolie solaire de Dom La Nena

Dom La Nena a beau faire carrière sous le tendre surnom que ses collègues musiciens brésiliens lui avaient donné à ses débuts (la nena veut dire la petite en portugais), elle est en voie de devenir une grande.
L'auteure-compositrice-interprète affirme et assume, tant musicalement que vocalement, une deuxième offrande qui fait résonner haut et fort qui est-elle et ce qu'elle sait faire: Soyo. Et alors que son nouvel album atterrira dans les bacs mardi, elle entamera à Gatineau la tournée qui en découle, en s'arrêtant à La Basoche le 19 mars.
«Mes nouvelles chansons sont un peu comme les grandes soeurs de celles d'Ela, mon premier disque. Elles appartiennent à la même famille; elles ont juste grandi et mûri, comme moi!» lance dans un joyeux éclat de rire Dominique Pinto, alias Dom La Nena.
Pour rendre sa mélancolie plus légère, la Brésilienne de naissance et Française d'adoption s'est résolument tournée vers le soleil. Et a délibérément choisi de se tourner aussi vers d'autres instruments que son seul violoncelle pour composer.
«J'avais envie d'autres sonorités, de changer de couleurs. Ce faisant, j'ai dû apprivoiser des instruments que je ne maîtrise assurément pas autant que mon violoncelle, comme la guitare électrique et les percussions.»
Elle a également dû s'enraciner dans une voix qu'elle «découvre encore tous les jours», mais qui a elle aussi pris plus d'assurance, que l'interprète livre ses textes en portugais, en espagnol, en français, en anglais ou en mélangeant les langues dans une même pièce.
«Je ne chante plus de la même manière, parce que je le fais de façon plus naturelle et instinctive maintenant. Je ne cherche plus à la contrôler, je la laisse s'épanouir.»
Quant à la langue dans laquelle elle écrit, elle y a recours en fonction de la musicalité de ses mots, de son rythme intrinsèque.
«Je me rends compte, en essayant parfois de traduire certains passages, que même si je pense la même chose à la base, je n'arrive pas à l'exprimer avec la même émotion ou intention si j'en change la langue, explique-t-elle. Bref, ça demeure un peu mystérieux, tout ça, même pour moi!»
LÉGER ET DANSANT
Contrairement à son premier album, Ela (2013), l'auteure-compositrice-interprète a cette fois écrit et composé «au fur et à mesure» que les pièces se laissaient entendre. Le résultat s'avère «tout aussi intimiste mais moins introspectif».
«Ce n'est pas moins profond pour autant, juste plus léger, plus dansant, serein, précise Dom La Nena. La vie de tous les jours est très présente, comme dans Llegare, qui parle de la vitesse à laquelle on court, sans se demander où on veut aller...»
Ainsi, après avoir évoqué la nostalgie de l'enfance, le déracinement et la quête identitaire, elle touche aux voyages et déplacements, départs et retrouvailles inhérents à sa vie d'artiste sur Soyo. Prend le temps de réfléchir aux raisons profondes pour lesquelles elle fait ce métier, entre autres.
«J'ai toujours su que je voulais faire de la musique. J'ai débuté en accompagnant les autres (dont Jane Birkin), mais c'est très gratifiant et émouvant d'aujourd'hui de pouvoir monter sur scène avec ma propre musique. Ça continue à être une surprise agréable de la vie!»
Pour sa précédente tournée, dans la foulée d'Ela, elle avait pris la route seule avec son violoncelle. Lors de son arrêt à Gatineau, elle avait néanmoins pu compter sur la présence vocale et musicale de Piers Faccini, avec qui elle avait partagé la scène de La Basoche. Le 19 mars, elle se pointera au même endroit, seule comme une grande. Elle jouera donc de tout, y compris de boucles de voix et de bracelets de coquillages. Et, bien sûr, de son violoncelle.
Pour y aller
QUAND? Le 19 mars, 20 h
OÙ? La Basoche
RENSEIGNEMENTS: 819-243-8000; ovation.qc.ca