La maison du monde, de Catherine Major

Voluptueux, mature et vibrant de cuivres chauds, La maison du monde devrait connaître le même sort que Le désert des solitudes: tourner en boucle dans mes oreilles.
Catherine Major s'y fait femme à fleur de peau, mutine (suave Rien du tout), amoureuse et amante (Toi, Sable émouvant). Femme dans tous ses éclats (Chanson urgente) et mère aussi (Pupille, hymne à sa famille).
Si l'auteure, compositrice et interprète signe seule deux pièces, elle fait totalement siens les mots de son amoureux Moran, de sa mère Jacinthe Dompierre (magnifique Vivante), de Richard Desjardins (Black Jack, aux savoureux accents western). Daran mélange ici, là et agréablement sa voix à la sienne. Jean Massicotte (Lhasa, Patrick Watson...) assure une réalisation ciselée, seyant aux multiples nuances de Catherine Major et de son piano.
À la fois lumineux et large comme l'horizon, feutré et introspectif, c'est l'album d'une artiste épanouie.