La juge veut une peine plus lourde pour une ado proxénète

Dans un geste aussi rarissime qu'inattendu, la juge Diane Lahaie a renvoyé les avocats faire leurs devoirs, vendredi, à Ottawa, au moment de rendre la sentence d'une ex-proxénète de 18 ans.
La Couronne et la défense proposaient conjointement une peine d'un an de prison, suivie d'une probation de deux ans, pour la jeune femme qui faisait partie d'un trio d'adolescentes arrêtées en juin 2012 et accusées de traite de personne et de proxénétisme.
La peine proposée était un peu trop clémente au goût de la juge Lahaie, qui a émis plusieurs réserves.
Elle a entre autre fait savoir qu'une peine de deux à trois ans semblait plus appropriée, surtout que la deuxième membre du trio doit voir sa sentence de trois ans être prononcée, lundi matin.
La juge Lahaie a demandé aux avocats d'expliquer plus en détail leur proposition et de l'argumenter, à une date ultérieure. Entre-temps, elle a ordonné que l'accusée, qu'on ne peut identifier puisqu'elle était mineure à l'époque, se prête à une évaluation psychologique. Celle-ci pourrait s'échelonner entre 8 et 12 semaines.
Conditions moins sévères
L'accusée a été libérée en septembre dernier et réside aujourd'hui à Montréal sous de strictes conditions. Vendredi matin, la juge Lahaie a consenti à assouplir certaines de ces conditions, afin de lui permettre d'aller à l'école.
Dans les faits, la jeune femme ne retournerait pas derrière les barreaux si la juge finit par accepter l'entente négociée entre la Couronne et la défense.
L'accusée est demeurée en détention préventive pendant huit mois, après son arrestation. La Loi sur les jeunes contrevenants prévoit que ce temps est calculé à temps et demi au moment de la sentence, ce qui équivaut, dans ce cas-ci, à un peu plus d'un an.
Lors du procès, hautement médiatisé, son avocat Me Nicholas St-Pierre a d'ailleurs soutenu qu'elle était la moins impliquée du trio. Un rapport présentenciel somme toute positif a aussi été présenté au tribunal, à la fin du mois de novembre. La jeune femme disait entre autres regretter ses gestes et «être prête à changer».
Avant que leur réseau soit démantelé, les adolescentes recrutaient leurs victimes sur Facebook et les forçaient à se prostituer. Certaines ont été droguées et battues, avant d'être livrées à des adultes beaucoup plus âgés.
La cause doit revenir en cour les adolescentes recrutaient leurs victimes sur Facebook et les forçaient à se prostituer le 23 janvier. Entre-temps, le tribunal se penchera sur le sort qui attend la deuxième adolescente.
Le procès de la dernière membre du trio, la présumée tête dirigeante du groupe, doit débuter bientôt. Contrairement aux autres, l'adolescente a toujours maintenu son plaidoyer de non-culpabilité.