Plus de 500 éducatrices ont manifesté devant les bureaux du ministère de la Famille, situés sur la rue Laurier, pendant une bonne partie de l'après-midi, chantant des comptines à la ministre Charbonneau.

La grève d'un jour condamnée par la ministre Charbonneau

La ministre de la Famille, Francine Charbonneau, condamne la journée de grève des responsables des services de garde, un geste qu'elle associe à une «prise d'otages».
Pas moins de 14000 des 15000 éducatrices des services de garde en milieu familial ont débrayé, hier, pour protester contre la lenteur des négociations pour le renouvellement de leur convention collective. Elles sont représentées par la Fédération des intervenantes en petite enfance du Québec (FIPEQ), affiliée à la Centrale des syndicats du Québec (CSQ).
Le syndicat reproche aussi au ministère de la Famille son manque d'ouverture dans les négociations. On évalue à 92000 le nombre d'enfants touchés par cette journée de grève. Contrairement à la CSQ, les syndiquées affiliées à la CSN n'ont pas débrayé hier.
«Je trouve décevant qu'un des deux syndicats décide de sortir comme ça pour faire avancer les choses plus rapidement, a dit la ministre. Il faut s'asseoir à la table, avoir des discussions honnêtes, ouvertes, plutôt que de sortir pour dénoncer la vitesse des choses, puis de prendre les parents en otages comme ça.»
Mme Charbonneau juge par ailleurs futile le prétexte invoqué pour déclencher la journée de grève. «À partir du moment qu'on avance, même si ce n'est pas à la vitesse désirée, les moyens de pression ne sont pas nécessaires. [...] C'est complexe, mais ça avance.»
Un statut «complexe»
La ministre a en effet répété que le dossier n'était pas simple: les intervenantes sont à la fois des travailleuses autonomes et des salariées. Un des points en litige est notamment la place réservée aux bureaux coordonnateurs, qui sont responsables de la gestion des subventions et de la répartition des places. «[Les éducatrices] veulent aussi prendre des décisions pour le directeur général (des bureaux coordonnateur), a déploré la ministre. Il y a comme un drôle de mélange.»
La ministre n'a pas manqué de dresser les deux syndicats, CSN et CSQ, l'un contre l'autre. «La CSN semble trouver que les choses vont relativement bien», a-t-elle fait remarquer. Elle a fait valoir que les parties négociaient vendredi et qu'elles négocieront de nouveau aujourd'hui.