Des déficits importants ont été enregistrés au cours des deux dernières années à la Gatineau Loppet.

La Gatineau Loppet lutte pour sa survie

«Si vous deviez choisir une année pour prendre part à la Gatineau Loppet, eh bien... 2017 serait une très bonne année.»
Le président du conseil d'administration du plus important événement de ski de fond au Canada n'a pas lancé cette phrase à la légère.
En conférence de presse, jeudi matin à Chelsea, Philippe Lebel a dressé un portrait honnête des défis auxquels son organisme est confronté. Sans une participation importante des sportifs de l'Outaouais, la 39e édition de la Loppet - qui se déroulera du 17 au 19 février prochains - pourrait être la dernière.
Un déficit «important» a été enregistré au cours des deux dernières années. La météo serait, en partie, imputable. Les froids sibériens enregistrés lors de l'hiver 2015 auraient fait chuter dramatiquement le nombre d'inscriptions.
L'arrivée de nouveaux partenaires a permis de gagner un peu de temps. Des bénévoles de longue date ont pratiquement fait du porte-à-porte, dans les derniers mois, pour aller chercher les fonds nécessaires à la présentation de la Loppet en 2017.
«Est-ce que l'événement est sauvé? On ne peut pas dire ça, commente M. Lebel. Des gens comme Claude Laramée, Louise Poirier et Daniel Simoncic sont partis avec leurs bâtons de pèlerins pour convaincre plein de partenaires. Ça a fonctionné.»
«Les partenaires sont embarqués, les bénévoles sont embarqués. On tend maintenant la main aux participants. Sans les participants, on ne peut pas dire que l'événement est sauvé», enchaîne-t-il.
Les organisateurs aimeraient que 2300 athlètes se présentent dans le parc de la Gatineau pour prendre part à une de leurs épreuves. Cette année, en plus du ski de fond, des courses de raquette et de vélo sur neige seront organisées.
L'objectif semble donc réaliste. À ses meilleures années, la Loppet attirait plus de 3000 participants.
Claude Laramée n'a pas eu besoin de se faire tordre un bras quand on lui a demandé de faire appel à son réseau de contacts pour sauver l'événement auquel il est associé depuis une vingtaine d'années.
Le bénévole de longue date s'est impliqué dans l'organisation d'une épreuve de la Coupe du monde de ski de fond en plein coeur du centre-ville de Gatineau l'hiver dernier. Cet événement a dégagé un important surplus financier. Ça lui permet de croire que les ennuis de la Loppet sont temporaires et circonstanciels.
«En 2015, pendant les six semaines qui ont précédé la Loppet, les températures se sont maintenues entre moins 20 et moins 25. La fin de semaine des courses, nous avons enregistré un record de froid. Nous avons reporté le départ et raccourci le parcours. Un peu plus et on devait carrément annuler. Ce fut catastrophique pour nous», se souvient-il.
M. Laramée a déjà permis à la Loppet de traverser une autre période creuse. En 2006, les circonstances étaient différentes, mais il fallait quand même agir pour la survie.
«C'est comme dans la vie. Il y a des creux et des pics. Des moments nous demandent parfois plus d'efforts. Nous n'allons pas tout laisser tomber comme ça», complète M. Laramée.
Président d'honneur
Par ailleurs, le comité organisateur de la 39e Gatineau Loppet a fait savoir que l'ancien athlète olympique Pierre Harvey sera le président d'honneur.
L'ex-olympien, qui fêtera ses 60 ans cette année, entend participer au 51 km de style classique. Il empruntera donc le tracé linéaire, partant de Wakefield pour terminer au stade Mont-Bleu.