Olivier Fairfield, Mathieu Charbonneau, Taylor Kirk et Simon Trottier.

La filière franco-ontarienne de Timber Timbre

Leur présence assurée sur la prochaine tournée de Timber Timbre, les Franco-Ontariens Mathieu Charbonneau et Olivier Fairfield confirment leur place au sein de la formation musicale. Ils ont aussi été partie prenante du processus de création du troisième album du groupe sur étiquette Arts & Crafts, Hot Dreams, qui arrivera chez les disquaires mardi. Décollage vers la planète alternative.
Attrapé au vol, entre deux prestations au couru festival South by Southwest, au Texas, et la tournée européenne du groupe qui débute le 3 avril à Bruxelles, Mathieu Charbonneau a la voix d'un musicien heureux de la tournure des événements.
«Le statut de musicien pigiste ne m'intéresse pas. J'aime m'impliquer totalement dans les projets auxquels on me demande de collaborer. En m'engageant ainsi au sein de Timber Timbre, j'ai l'impression que le groupe, c'est un peu devenu moi aussi», fait valoir le pianiste de formation.
L'artiste de 32 ans s'est greffé au noyau dur de Timber Timbre (Taylor Kirk, Simon Trottier et la violoniste ottavienne Mika Posen, qui n'accompagnera pas la formation sur la route, même si elle joue sur Hot Dreams) au moment d'enregistrer les claviers et le piano sur le précédent Creep On Creepin' On, notamment finaliste au prix Polaris, en 2011.
«Tout est alors question d'équilibre entre être à l'écoute de ce que les autres veulent entendre en fonction de l'esthétique du groupe, et ce que je peux contribuer à un projet en tant que créateur moi-même», explique Mathieu Charbonneau.
Collaboration plus étroite et claviers atmosphériques
Pour Hot Dreams, il l'a fait beaucoup plus tôt. Ce troisième disque marque donc une première pour Taylor Kirk, habitué à tout écrire et composer. Cette fois, le processus de création s'est fondé sur des collaborations plus étroites et ce, dès le début. 
Mathieu Charbonneau, qui laisse sa marque sur chacune des 10 pièces, a passé une dizaine de jours avec le leader de Timber Timbre et Simon Trottier au National Music Centre (NMC), à Calgary, pour bien installer les ambiances du nouvel opus.
«Tout ce qu'ils avaient à ce moment-là, c'était les lignes de batterie et de basse. Je n'avais aucune idée de quoi les textes de Taylor allaient parler, mais je savais qu'il voulait explorer de nouvelles sonorités et rendre hommage au vieux Hollywood, au western et au saxophone de Taxi Driver. Comme on avait accès à toutes sortes de claviers différents et difficiles à trouver, au NMC, on en a profité pour enregistrer plein de trucs, qu'on a choisis, coupés, découpés ou remodelés ensuite.»
Aux yeux et oreilles du principal intéressé, Hot Dreams renvoie donc à cette époque révolue où «le public était plus patient, où on pouvait lui soumettre un film de trois heures soutenu par une trame sonore à la Ennio Morricone, sans qu'on se sente obligé de lui proposer des effets spéciaux aux trois minutes».
C'est justement ce que Mathieu Charbonneau aime, avec Timber Timbre: prendre le temps d'établir des décors et des personnages, de peindre des paysages musicaux sur les mélodies et les paroles de Taylor Kirk, «qui n'ont rien de noir et blanc, mais sont aussi très imagées, très atmosphériques».
Et, plus encore, sentir qu'une part inspirée de lui s'inscrit dans le résultat final.