Un incendie a détruit le restaurant La Ferme Rouge.

La Ferme Rouge: «une journée émotive»

La Ferme Rouge possède une riche histoire. D'abord un bâtiment agricole pendant environ 70 ans, il était un lieu de restauration et de divertissement depuis 1979.
Avant de devenir La Spaghetterie et ensuite La Ferme Rouge, Aurèle Beauvais s'y était installé avec sa femme et ses 10 enfants afin d'établir une ferme laitière. Hier, Josée Beauvais, la petite-fille d'Aurèle, regardait ce bâtiment réduit en cendre de sa maison située à quelques mètres de là.
«C'est une journée émotive pour nous», soutient Mme Beauvais.
Changement de vocation
Après quelques essais, notamment d'une cabane à sucre et d'un restaurant français, la famille Labrie transforme l'ex-ferme de la famille Beauvais en 1979 pour créer la Spaghetterie. Cinq ans plus tard, après l'ajout de viande et de fruits de mer au menu, le restaurant change de nom et devient La Ferme Rouge.
Avant même ce changement de nom, un musicien commence à jouer pour les clients de l'endroit. Mais c'est véritablement en 1989, après l'achat de l'endroit par le fils de la famille Labrie, Jean, que les spectacles de danse et de musique qui ont fait la renommée de la Ferme Rouge commencent.
«Tout le monde à travers l'Outaouais savait ce qu'était La Ferme Rouge. Tout le monde est venu ou connaît quelqu'un qui est venu au moins une fois», souligne l'ancien propriétaire joint au téléphone hier soir.
Le conseiller municipal du secteur, Marc Carrière, estime quant à lui que c'est «une page d'histoire de Masson-Angers» qui s'envole dans cet incendie. «C'est une grande perte, plusieurs artistes de la région sont passés par là.»
Lorsqu'il a appris la nouvelle, Jean Labrie qui a vendu l'établissement en 2007 dit avoir immédiatement eu une pensée pour ses anciens employés qui travaillent toujours à cet endroit. «À nos débuts, il n'y avait pas de place en Outaouais pour permettre aux artistes de se donner en spectacle», raconte M. Labrie. «Plusieurs ont de belles qualités et chantaient encore toutes les fins de semaine. Ils n'ont nulle part où aller pour continuer à exprimer leur talent».