La famille cubaine de Dominique Hudson

Pour Dominique Hudson, «plus d'audace» aura été le mot d'ordre pour la production de Danza 2. Une audace qui passe par la présence sentie en studio de Yordan Martinez et de sa bande de musiciens cubains, par des rythmes latins plus authentiques et variés, par un plus grand nombre de pièces originales.
«Le premier Danza a été un laboratoire, fait valoir le principal intéressé. Depuis, on a accumulé de l'expérience et des convictions, à partir des nombreux spectacles qu'on a donnés au cours de la dernière année, des reprises qui plaisent plus,etc. On a grandi à travailler tous ensemble sur scène, ce qui nous a permis d'amener le projet encore plus loin, avec ce deuxième disque.»
Énergie et complicité se sont ainsi déplacées des planches au studio, où les percussions et cuivres ont concrètement donné un nouveau souffle au chanteur de 38 ans.
«Je tenais à ce qu'ils soient là, avec moi, pour enregistrer les pièces de Danza 2. Aujourd'hui, Yordan et ses musiciens endossent le projet, parce qu'ils ont compris mon désir de faire une pop latine dans le plus grand respect de leur culture et de leurs rythmes. Danza, c'est donc devenu une grande famille!»
Et si, aux côtés des Comme d'habitude et autres Sunligths des Tropiques, des titres originaux tels Comme avant, Fiesta, La première fois et Hasta luego trouvent leur place, ce n'est pas tant par volonté de paraître plus crédible en tant qu'artiste que par simple «envie de faire pour la première fois quelque chose pour [lui]» que Dominique Hudson les a incluses.
«J'aurais fait 12 reprises si c'est ça que j'avais senti devoir faire, soutient-il. Mais on m'a offert des textes et des musiques solides, auxquelles j'ai collaboré de près ou de loin, et que j'ai eu le goût de défendre. Mais honnêtement, la crédibilité à laquelle j'aspire, c'est bien plus dans le fait qu'on me demande d'être porte-parole de la Semaine de la mode internationale latino de Montréal que je la trouve, et dans le fait que les Cubains et la communauté latine endossent ce que je fais.»
Son «rêve ultime» demeure de faire voyager sa musique partout où l'on voudra bien l'entendre.
«J'ai la ferme conviction que plus je vais bien faire les choses dans cette veine, plus la langue dans laquelle je chante va devenir secondaire. Dans le sens où si une chanson me touche ou me donne envie de danser, même si je n'en comprends pas les paroles parce qu'elle est interprétée dans une langue qui m'est étrangère, je ne vois pas pourquoi les miennes, en français, ne pourraient pas avoir le même effet ailleurs», explique Dominique Hudson.
Ce dernier insiste: les chansons qu'il choisit sont toutes empreintes de l'esprit cubain. «Ces gens-là chantent, dansent, s'amusent, le soir venu, peu importe ce qu'ils ont pu vivre pendant leur journée. Au lieu de s'apitoyer sur leur sort, ils se laissent aller. C'est un peu ça, Danza. Au lieu de dire adieu, on dit au revoir, comme avec Hasta luego. Au lieu de jouer des ballades quand on parle d'amour, on donne envie de danser, parce que je ne veux pas faire couler des larmes, mais faire éclater des sourires sur les visages des gens.»
Vlessard@ledroit.com