La demande de lait bio dépasse l'offre en Ontario

La demande pour le lait biologique est en croissance en Ontario. Si bien qu'un manque de producteurs certifiés bio se fait sentir. La province de l'Ontario est de plus en plus forcée à importer du Québec. Au cours des deux dernières années, la province ontarienne a importé plus d'un million de litres de lait bio de sa voisine québécoise.
La production de lait biologique représente environ 1% du marché total, mais la demande croît d'environ 15% par année, constate la coopérative laitière Organic Meadow.
L'Ontario compte près de 80 producteurs laitiers biologiques, dont plus d'une douzaine dans l'Est ontarien. Mais c'est encore trop peu pour suffire à la demande.
«Le marché du lait biologique se porte très bien. Mais le défi est de trouver des cultivateurs prêts à faire la transition vers le biologique. Il y a une demande pour plus de fermes bios en Ontario. On importe plus qu'on en exporte», rapporte Tom Manley, de Homestead Organics, l'une des plus importantes entreprises de grains, moulées et intrants agricoles biologiques dans l'Est du Canada. Cyril Schneider et son épouse Myriam entretiennent un troupeau de 35 vaches laitières qui produisent du lait certifié biologique dans la région de Glengarry.
«Actuellement, il y a un gros travail de recrutement, mais ce n'est pas évident. Pour nous ça marche, mais c'est parce que nos pratiques se rapprochaient déjà du bio, donc la transition pour obtenir les certifications n'a pas été trop difficile», explique Myriam Schneider. Mais ce n'est pas pour l'argent, mais par conviction que les Schneider se sont lancés dans l'aventure bio.
«La prime n'est pas assez élevée. La prime que reçoit un producteur de lait biologique varie entre 16% à 20% le litre. Mais la transition prend beaucoup de temps et d'énergie. La prime, certes, couvre les dépenses excédentaires pour rencontrer les exigences, mais ne laisse pas énormément de bénéfices», note Mme Schneider.
Tom Manley abonde dans le même sens. «L'agriculture conventionnelle est rentable. Il n'y a pas énormément d'incitatifs pour un cultivateur de déployer tous ces efforts pour passer au bio. Mais il faut casser le mythe que le bio n'est pas rentable. La production biologique peut être rentable. Il y a une grande demande en Ontario», note-t-il.