Marie-Philip Poulin soulève la coupe Clarkson au centre de la glace du Centre Canadian Tire.

La coupe Clarkson aux Canadiennes

La coupe est de retour à Montréal.
Attention, on parle de la coupe Clarkson, emblème de la suprématie dans la Ligue canadienne de hockey féminin (LCHF). Et ce sont les Canadiennes menées par la gardienne Charline Labonté et la capitaine Marie-Philip Poulin qui ont ramené un championnat dans la métropole dimanche avec une victoire enregistrée devant près de 4000 spectateurs au Centre Canadian Tire d'Ottawa.
Les deux joueuses avaient ruminé longuement la défaite de 8-3 contre l'Inferno de Calgary dans la finale de 2016. Elles tenaient à venger ce cinglant revers au même endroit un an plus tard. Dimanche, elles ont tout fait pour s'assurer d'écrire un scénario différent.
Labonté a repoussé 26 des 27 tirs de l'Inferno et Poulin a inscrit le but de la victoire en plus du but d'assurance dans un gain de 3-1 contre les championnes de la saison régulière. Le triomphe permet aux Canadiennes de mettre fin à cinq années de frustrations en gagnant une première coupe depuis 2012. Dans les quatre années suivantes, elles s'étaient inclinées dans le match décisif.
Avant même de se rendre à Ottawa en fin de semaine, Labonté avait assuré que la finale de 2016 avait été son pire match à vie. Elle a rebondi admirablement puisqu'elle a été choisie la première étoile de la partie avant de recevoir le titre de joueuse la plus utile des séries éliminatoires de la LCHF.
« Je suis un peu surprise. J'ai entendu mon nom et je me demandais pourquoi on m'appelait ! C'est super flatteur, c'est sûr, mais ce n'est rien à comparer de gagner la coupe ! C'était notre seul but. Ça fait cinq fois de suite qu'on se retrouvait en finale et qu'on l'échappait (la coupe). Aujourd'hui, nous avons joué un match presque parfait. »
Contrairement à l'an dernier, les Canadiennes ont amorcé le match en force en générant plusieurs bonnes occasions de marquer et Katia Clément-Heydra a ouvert la marque pendant un avantage numérique en première période. Marie-Philip Poulin a ajouté à l'avance des Montréalaises au deuxième vingt avec un tir voilé qui a échappé à la gardienne Emerance Maschmeyer. En arrière 0-2 après 40 minutes, les championnes de 2016 ont appliqué beaucoup de pression en troisième période.
Jill Saulnier a finalement battu Charline Labonté sur le 25e tir de l'Inferno avec sept minutes à écouler. Puis, ce fut un bourdonnement constant autour du filet des Canadiennes qui s'accrochaient à leur mince avance jusqu'à ce que Poulin vienne marquer le but d'assurance dans une cage déserte avec 1:52 à faire.
« Je regardais souvent le cadran. Je voyais le temps descendre, mais il ne descendait pas vite ! Les filles ont bloqué des tirs devant moi. Calgary a beaucoup de talent en attaque. Elles ont une bonne équipe, mais aujourd'hui, c'est nous qui avons été les meilleures. Nous avions hâte de savourer notre revanche, mais il y avait beaucoup de travail à faire après notre raclée de 8-3 l'an dernier », a ajouté la première étoile du match.
Deuxième étoile de la partie, Marie-Philip Poulin a démontré pourquoi elle avait été la meilleure compteuse de la ligue. Après la victoire, elle a serré longuement Caroline Ouellette dans ses bras. « Je joue avec elle depuis que je suis toute jeune et voilà que j'ai la chance de gagner la coupe Clarkson avec elle. C'est tout ce qui me manquait ! »
Âgée de 38 ans, Ouellette a longuement collé ses lèvres sur la coupe Clarkson avant de la lever à bout de bras. Aurait-elle déjà songé à la retraite ?
« Je ne pourrais pas penser à une meilleure façon de me retirer. Je suis vraiment comblée par ce que le hockey m'a apporté, mais je ne suis pas certaine de ce que l'avenir me réserve. Je vais rester dans le hockey après ma retraite. Je commence une carrière d'entraîneuse au prochain Championnat du monde où je serai la troisième assistante. Je vais voir ce qui arrivera cet été. Pour l'instant, je vais savourer cette coupe. L'Inferno est rempli de joueuses de l'équipe nationale alors qu'on en a deux. On avait une chimie d'équipe incroyable. On s'aime. On joue l'une pour l'autre. Des fois, l'amour est plus fort que tout ! »
Un dernier passage de la coupe Clarkson à Ottawa?
L'entente de deux saisons entre la Ligue canadienne de hockey féminin (LCHF) et les Sénateurs d'Ottawa pour présenter la coupe Clarkson à Ottawa est terminée. Environ 4000 spectateurs avaient assisté au premier championnat au Centre Canadian Tire en 2016. Sans obtenir de chiffre officiel de la part de la ligue, ils étaient un peu moins nombreux dimanche.
La commissaire Brenda Andress n'a pas fermé la porte à un retour à Ottawa en 2018, mais elle ne s'y est pas engagée non plus. « Depuis quelques mois, nous pensons au meilleur endroit pour présenter le 11e championnat de notre ligue. Est-ce que nous allons revenir à Ottawa ? Les Sénateurs ont été un partenaire extraordinaire pour nous. Les hôtels sont très bien et la couverture médiatique est également excellente. En même temps, l'année prochaine, il s'agira d'une année olympique et nous devons continuer à établir notre image de marque. »
La LCHF compte seulement cinq équipes, dont deux dans la région de Toronto, une à Montréal, une à Boston et une autre à Calgary.
La commissaire Andress pense qu'une ville comme Ottawa pourrait bientôt se joindre à son circuit dans le cadre d'une expansion.
« Nous faisons des études pour savoir où, quand et comment nous serons prêts à faire une expansion. Il faut s'établir dans un endroit où les racines du hockey sont très fortes, autant au niveau des joueuses, mais au niveau de l'engagement de la communauté et des commanditaires. Dans la région d'Ottawa, je sais qu'il y a plusieurs joueuses qui vont bientôt terminer leurs études universitaires aux États-Unis autant qu'au Canada. Ça pourrait offrir un intéressant bassin de joueuses à une équipe ici. »
Cette saison, la LCHF a fait quelques tests pour attirer de plus grands auditoires.
Le match des Étoiles a été présenté à Toronto devant 8100 spectateurs. Un match de saison régulière entre Montréal et Calgary, les deux meilleures équipes de la ligue, a également attiré 6000 spectateurs au Centre Bell. Un match entre les deux mêmes clubs à Brossard a quant à lui généré 134 000 téléspectateurs au réseau Sportsnet.