La contre-culture populaire du Comiccon

Par définition, la culture populaire rejoint un large public. Or, au sein même de ce qui fait partie de cette culture populaire, on observe la croissance d'une contre-culture d'ultrafanatiques.
Que ce soit sur les médias sociaux ou lors d'événements comme le Comiccon d'Ottawa, ces mordus cherchent la moindre information sur le prochain film de leur franchise préférée. Ils commentent sur tout, du choix des acteurs au design des costumes, et ce, souvent même avant que le tournage ne soit commencé.
Parlez-en à Ben Affleck qui a dû se défendre pendant deux ans qu'il serait en mesure de bien incarner Batman au grand écran, même après l'échec de Daredevil une décennie auparavant.
Jason Rockman en sait aussi quelque chose. Animateur de radio à Montréal, il est depuis quelques années le porte-parole du Comiccon de la métropole et, plus tard, celui de la capitale. Avec Superman et l'Incroyable Hulk tatoué sur chaque avant-bras, on ne doute pas de son amour pour la culture populaire.
«Il y a un grand appétit pour ça, et il faut le nourrir. Quand tu es accroc à ça, tu ne l'es pas à moitié», lance-t-il.
Si les fanatiques commentent avant la sortie d'un film ou la diffusion du prochain épisode de leur série télévisée fétiche, c'est encore pire après. Chacun y va de sa théorie sur les trous dans l'intrigue. Qui sont les parents de Rey dans le dernier Star Wars? Jon Snow de Game of Thrones est-il mort ou vivant? Ils ont tous leur hypothèse.
Ces ultrafans connaissent tout de leur oeuvre favorite. Alors, rencontrer un des acteurs qui a participé au projet, même s'il joue un rôle secondaire, est une grande joie pour eux. À n'en point douter, les organisateurs du Comiccon le savent.
Par exemple, John de Lancie est reconnu par les Trekkies pour son interprétation de Q, et ce, même s'il n'est apparu que dans 12 épisodes sur un total de 726 pour la franchise.
Bien que l'acteur ait connu une longue carrière et offert des performances acclamées par la critique - dans Breaking Bad, notamment -, il n'a jamais décroché de premier rôle. Que des admirateurs apprécient son travail est donc flatteur, selon lui. Il apprécie ce contact.
«La majorité de mon travail, on ne le voit pas sur IMDB et, franchement, c'est plus intéressant que travailler sur ces séries télé, affirme M. de Lancie. C'est plus difficile (de jouer seulement quelques épisodes) parce que tu ne fais pas partie de la famille. Tu arrives, tu fais ton travail et tu t'en vas.»
<p>John Rhys-Davies, surtout connu pour son rôle de Gimli dans le <i>Seigneur des Anneaux</i>, était à Ottawa cette fin de semaine.</p>
John Rhys-Davies - surtout connu pour son rôle de Gimli dans le Seigneur des Anneaux - approche la chose différemment.
Comme John de Lancie, il a effectué une multitude de brèves apparitions à la télé, dans des films et a prêté sa voix à des personnages animés. Cependant, il perçoit plutôt ces rôles éphémères comme des défis.
«Quand tu joues dans le Seigneur des Anneaux, tu sais que tu vas passer deux ans là-dessus. Tu as le temps de te dévouer à ton rôle et d'y laisser ta marque. Mais on n'a pas toujours le luxe de choisir, alors tu vas où on te demande et tu fais de ton mieux. Mais j'aime ça, j'aime les défis.»
D'ailleurs, ces deux acteurs d'expérience croient que la surveillance constante du développement de certains projets par le public permet de livrer du meilleur matériel.
«C'est une conversation, c'est plus facile parce que tu connais ton public. Tu penses à lui parce que tu sais que tu vas les revoir ici (au Comiccon)», affirme John de Lancie.

Record d'assistance au Comiccon

Pas moins de 42 000 personnes ont franchi les portes du Centre EY de vendredi à dimanche pour le Comiccon d'Ottawa.
Les organisateurs de l'événement remportent donc leur pari et voient l'assistance croître une fois de plus dans la capitale. Le mélange d'acteurs de films cultes et de séries télévisées récents aura donc été un gage de succès.
«Il y a une partie qui est de regarder ce qui est populaire présentement. [...] Mais aussi, il ne faut pas que tu oublies l'histoire de la culture pop», explique le porte-parole de l'événement, Jason Rockman.