Le Challenger de Gatineau n'a pas souvent l'occasion d'aligner un joueur mieux classé que le Tunénisien MalekJaziri, mais l'athlète de 33 ans a besoin de gagner des matches avant de se lancer dans la série qui mène à l'Omnium des États-Unis.

La confiance avant l'argent pour Jaziri

En février dernier, Malek Jaziri occupait le meilleur rang de sa carrière au classement de l'ATP.
Le Tunésien de 33 ans était 47e au monde. Au cours des 12 derniers mois, il s'est frotté aux meilleurs de sa profession : Andy Murray, Novak Djokovic et Milos Raonic. Chaque année, il participe aux quatre tournois du Grand Chelem et il a même représenté son pays aux Jeux olympiques.
Pourtant, Jaziri se retrouve à Gatineau cette semaine dans un tournoi Challenger où il est bien évidemment la première tête de série.
Pourquoi avoir choisi un tournoi doté d'une bourse de 75 000 $ US au détriment de celui de Newport aux États-Unis qui offre 600 000 $ US en bourses cette semaine ?
Il suffit de suivre ses activités des deux derniers mois pour obtenir la réponse. Jaziri a glissé jusqu'au 70e rang cette semaine parce qu'il n'a pas gagné un match depuis le début du mois de mai à Aix-en-Provence. Depuis, il a connu des éliminations rapides dans cinq tournois majeurs, dont Roland-Garros et Wimbledon.
« Mes deux derniers mois n'ont pas été faciles. Je suis ici pour faire de bons matches. J'ai besoin de gagner pour retrouver ma confiance et j'ai besoin de points au classement ATP », avoue-t-il bien candidement.
En demi-finale
Jusqu'à présent, la décision de venir à Gatineau a porté ses fruits. Il a pu savourer une victoire facile de 6-1 et 6-0 à son premier match contre l'Américain Daniel Nguyen. Puis, il a survécu à deux balles de match contre le jeune Canadien Brayden Schnur au deuxième tour pour l'emporter 6-7, 7-6 et 6-1. Vendredi, il est passé en demi-finale en tassant le Français Vincent Millot, finaliste en 2016, en trois manches de 6-4, 1-6 et 7-5.
Ces trois victoires vont lui assurer au moins 29 points ATP. Le finaliste du Challenger de Gatineau amassera 48 points et le champion 80 points (avec une bourse de 10 800 $ US).
En demi-finale samedi après-midi, il rencontrera le Canadien Peter Polansky, champion en titre du Challenger Banque Nationale.
Avantages de Gatineau
Reprendre confiance, c'est bien, mais d'autres raisons ont poussé Jaziri à passer la semaine en Outaouais.
« Je voulais reprendre le jeu sur surface dure. C'est ma première semaine sur cette surface et je me lancerai dans la série du US Open la semaine prochaine où je serai dans un tournoi ATP 250 à Atlanta, suivi d'un tournoi ATP 500 à Washington. Ça va m'aider à m'ajuster à l'humidité et au décalage horaire. »
En choisissant un tournoi Challenger plutôt qu'un tournoi ATP 250 cette semaine, Jaziri s'offrait plus de chances de victoires pour mettre des matches à son compteur. Encore là, il n'est jamais facile de porter l'étiquette de favori dans un tournoi.
« Quand t'es le numéro un, tout le monde veut te battre. Pour la plupart, mes adversaires n'ont rien à perdre. S'ils gagnent, c'est tant mieux. S'ils perdent, ils auront eu un bon match. »
Progresser à 33 ans
Rendu à 33 ans, Malek Jaziri ne sait pas combien de temps il s'amusera encore sur le circuit de l'ATP. Il a touché 408 000 $ US en bourses en 2017 et il est rendu à 2,2 millions $ US de gains en carrière. L'heure de la retraite pourra bien attendre puisqu'il progresse d'année en année.
« Ce qui est bien avec ce sport, c'est que chaque jour, tu ne peux jamais cesser de progresser. J'ai atteint mon meilleur classement cette année à 33 ans. Je suis plus mature, j'ai plus d'expérience sur le circuit de l'ATP. Ce sont des petits détails qui te rendent meilleur. Chaque match, tu apprends de nouvelles choses, alors je profite du moment présent et je m'améliore. »
S'il passe par Gatineau cette semaine, c'est aussi pour s'assurer de gagner des points pour continuer sa tournée des grands tournois et d'affronter les plus grosses pointures du tennis à nouveau.
Vers les grands stades
« On joue au tennis pour arriver à jouer contre des légendes dans les plus gros stades du monde. Il faut jouer ici pour arriver là-bas. J'ai appris de tous mes matches contre les meilleurs. J'ai gagné une manche contre Roger Federer. Je menais dans un match contre Andy Murray, mais les meilleurs sont constants. Ils ne font pas d'erreur et ils sont très forts dans la tête. Le tennis, c'est physique, mais aussi très mental. Quand ton jeu se porte bien, mentalement ça va beaucoup mieux. »
Malek Jaziri va maintenant espérer que ses récents succès en sol outaouais vont se transporter aux États-Unis pour le reste de sa tournée nord-américaine.
Journée faste pour les raquettes canadiennes
Les quarts de finale ont été favorables aux trois raquettes canadiennes toujours en lice au Challenger Banque Nationale de Gatineau vendredi.
Denis Shapovalov et Peter Polansky ont obtenu leur billet pour le carré d'as chez les hommes et Aleksandra Wozniak a accédé à sa première demi-finale depuis septembre 2016 chez les dames. Leurs victoires agrémenteront la journée de samedi des amateurs de tennis de la région puisqu'ils se succéderont sur le court central à compter de 13 h 30.
Denis Shapovalov (161e au monde) a amorcé le bal en début d'après-midi vendredi en éliminant le deuxième favori du tournoi, Thomas Fabbiano (86e). Le jeune surdoué de 18 ans vengeait ainsi sa défaite subie sur le gazon de Nottingham en Angleterre au moins de juin. L'Italien avait remporté son duel contre Shapovalov en trois manches. Vendredi, c'est le Torontois qui a triomphé en trois manches devant une foule vendue à sa cause.
« J'aime jouer à Gatineau. La foule est toujours au rendez-vous pour me donner l'énergie nécessaire quand j'ai besoin de marquer un gros point. Je suis plus populaire à Gatineau qu'à Toronto ! Là-bas, ils ont le choix avec DeMar DeRozan et Kyle Lowry des Raptors, Marcus Stroman des Blue Jays et Auston Matthews des Maple Leafs, mais ça ne me dérange pas ! Au Québec, les gens semblent m'apprécier beaucoup. »
Avec sa victoire, Shapovolov s'est assuré de participer à une deuxième demi-finale de suite au Challenger de Gatineau. Il ne faut pas oublier qu'en février, il avait été champion des Futures à la Sporthèque. « Je suis très content de ma semaine. J'ai passé beaucoup de temps à jouer sur du gazon récemment. Je reviens sur une surface dure et ça se passe mieux que je pensais. J'ai défendu mes points de l'an dernier en retournant en demi-finale. Maintenant, je peux jouer plus librement et causer plus de dommages. »
En demi-finale, il affrontera l'Américain Alexander Sarkissian (255e).
Le Canadien Denis Shapovalov a trimé dur pour éliminer l'Italien Thomas Fabbiano, deuxième favori du Challenger de Gatineau, en trois manches 6-3, 3-6 et 6-3. Le jeune surdoué de 18 ans a ainsi accédé à la demi-finale du Challenger gatinois pour la deuxième année consécutive.
Wozniak solide
De son côté, la Blainvilloise Aleksandra Wozniak a gagné sa guerre de tranchées contre la Japonaise Mayo Hibi, troisième tête de série.
Avec sa victoire de 6-4 et 7-6 (5), Wozniak est devenue la joueuse la mieux classée parmi les joueuses du carré d'as. Tenace, Hibi a vendu sa peau chèrement alors qu'elle semblait increvable devant les attaques répétées de la Québécoise.
« Elle retournait toutes mes balles en attendant que je fasse des erreurs, mais j'avais un bon rythme et je l'ai fait courir beaucoup. Quand j'étais agressive dans mon approche, les points tombaient en ma faveur. Nous avons eu plusieurs longs échanges et j'ai même souffert d'un coup de chaleur à la fin de la deuxième manche. Il était temps que le match finisse », a dit celle qui s'assure de 18 points WTA et d'une bourse minimale de 1144 $ US avec sa victoire.
Au prochain tour, elle affrontera l'Australienne Priscilla Hon (410e).
« J'ai une occasion à saisir. Je me suis améliorée de match en match cette semaine. Ça me fait du bien d'accéder à une demi-finale chez nous, au Québec. »
Polansky dans le coup
Enfin, l'Ontarien Peter Polansky peut encore défendre son titre après avoir éliminé le « qualifié » Marcos Giron à l'usure en trois manches serrées de 3-6, 6-3 et 6-3. Le favori du tournoi Malek Jaziri représentera son prochain test.
Horaire de la journée de samedi
Court central (demi-finales, simple)
• 12h - Ellen Perez (q) c. Sarah Sekulic (7)
• suivi de - Aleksandra Wozniak (6) c. Priscilla Hon
• suivi de - Malek Jaziri (1) c. Peter Polansky (5)
• suivi de - Denis Shapovalov (7) c. Alexander Karkissian