La communauté francophone se cherche une voix

Amorphe depuis un certain temps, le leadership communautaire francophone de la capitale prépare sa résurrection. Des États généraux de la francophonie d'Ottawa doivent se tenir, « d'ici un an », afin de permettre aux nombreux groupes de se trouver une vision commune, et, qui sait, peut-être une voix.
« Qui parle au nom des citoyens francophones d'Ottawa ? Personne ne le sait. L'ACFO d'Ottawa l'a déjà fait par le passé, mais aujourd'hui, je ne crois pas qu'elle ait la capacité pour le faire », estime Linda Cardinal, directrice de la Chaire de recherche sur la francophonie et les politiques publiques de l'Université d'Ottawa.
Cette question est cruciale, dit-elle, parce que la classe politique « doit savoir qu'on l'observe, qu'elle a des comptes à rendre aux électeurs francophones ».
C'est dans cet esprit qu'un collectif de francophones influents - chercheurs universitaires, fonctionnaires et membres d'associations - planche depuis quelque temps sur des États généraux de la francophonie d'Ottawa, un sommet où seront conviés les groupes et individus qui composent la francophonie d'Ottawa.
« La communauté francophone d'Ottawa ne se mobilise plus. Le leadership [associatif] à Ottawa... il a besoin d'un sérieux coup de fouet », résume Linda Cardinal.
L'ACFO veut encore mener
Parmi tous ces groupes, l'ACFO aimerait à nouveau prendre ce rôle de meneur. Le groupe était de toutes les tribunes à l'époque des débats sur le bilinguisme. Depuis, ses interventions sur la place publique se sont faites moins fréquentes, moins visibles, bien qu'il continue de tenir galas et déjeuners des élus.
« L'ACFO joue moins ce rôle de meneur, dit Bertin Beaulieu, le président de l'ACFO. En ce moment, on a tous des idées, mais chacun de notre côté. Les gens ne se parlent pas. Et aujourd'hui plus que jamais, il faut que les groupes et citoyens d'expression française se parlent. »
La plupart des détails entourant ce sommet restent à préciser. Des réunions de travail sont prévues en juin et à l'automne. Les États généraux en tant que tels pourraient se tenir à la fin de l'année, ou au début de 2012.
Ottawa n'est pas la première ville où se tient une activité de la sorte. Sudbury organisait, en 2008, des États généraux de la francophonie sudburoise.