Patrick Brazeau

La cause de Patrick Brazeau remise à avril

Le camp du sénateur suspendu Patrick Brazeau, accusé d'agression sexuelle à Gatineau, compte s'attaquer à la crédibilité de sa présumée victime.
L'avocat de M. Brazeau a demandé des notes et des vidéos d'interrogatoire de la présumée victime au poste de police. Cette demande provoque de nouveaux délais, ce qu'a déploré le ministère public, qui voulait fixer une date définitive pour entamer le procès.
Le ton a d'ailleurs monté d'un cran, vendredi, au palais de justice de Gatineau.
Le dossier d'agression sexuelle visant le sénateur suspendu Patrick Brazeau est remis au 11 avril prochain, date à laquelle un juge entendra les deux parties afin d'établir la date et la durée du procès. La défense croit avoir besoin de deux à quatre jours.
Le procureur de la Couronne, Me Sylvain Petitclerc, a dénoncé les remises du dossier d'agression sexuelle depuis le mois de mars. Selon lui, les raisons de santé déjà évoquées par la défense pour justifier de tels délais sont exagérées. « Nous avons d'ailleurs vu M. Brazeau dans les médias à quelques reprises, tout sourire », a-t-il déclaré. Selon Me Petitclerc, la défense prend la cour en otage et retarde inutilement les audiences. « C'est rajouter des pattes aux mouches, a lancé le procureur de la Couronne. Le temps passe et d'autres événements se produisent. Il faut que ça cesse. »
Depuis mars dernier, plusieurs événements se sont ajoutés à la saga Brazeau. « La Couronne avait dit en mars que la preuve était complète, ajoute Me Larocque. Dans les jours qui ont suivi, nous avons reçu d'autres éléments de preuve. Encore aujourd'hui, la preuve n'est pas complète, c'est sûr. »
L'avocat de M. Brazeau, Me Gérard Larocque, estime que le dossier parallèle de fraude visant le sénateur pourrait croiser celui d'agression sexuelle. D'ailleurs, la présumée victime d'agression sexuelle aurait été questionnée sur les allégations de fraude qui pèsent contre M. Brazeau.
Rappelons que Patrick Brazeau est aussi pointé du doigt par la Gendarmerie royale du Canada (GRC) pour avoir retiré illégalement des indemnités de logement. Selon la GRC, le sénateur suspendu déclarait résider à Maniwaki, mais avait en réalité une adresse permanente à Gatineau. Il aurait fraudé les contribuables en réclamant des frais de déplacement et de séjour auxquels il n'avait pas droit.