«Avec Zone, on a vécu la plus grande aventure de théâtre. J'avais 22 ans. J'ai écrit cette pièce en trois jours. On s'est présentés, on était tous des inconnus. On s'est rassemblés, on a gagné le premier prix du Festival d'art dramatique régional du Québec», se rappelle l'homme de théâtre Marcel Dubé.

La belle odyssée de Zone

Un joli total de 41676 spectateurs! Soit l'équivalent de deux fois et demie l'arène du Centre Canadian Tire.
C'est le record d'affluence qu'aura permis la tournée pan-canadienne de Zone.
Créée en 2012 en partenariat avec le Théâtre la Catapulte et le Théâtre français de Toronto (TfT), cette adaptation modernisée d'un texte de Marcel Dubé par le metteur en scène Jean Stéphane Roy a fait mouche partout où elle a été jouée. Auréolée de représentations à guichets fermés et de supplémentaires reconduites, elle réintègre son berceau à Ottawa et proposera une ultime représentation grand public, demain à 15h, à l'auditorium de l'École De La Salle.
Hors du Québec
Dans le paysage théâtral, Zone a ceci de particulier qu'elle a su se tailler une place unique pour une production francophone hors Québec.
Jouée aussi bien en Saskatchewan qu'au Nouveau-Brunswick ou à l'Île-du-Prince-Édouard pour un total de quelque 160 représentations, Zone a grandement contribué au rayonnement de la compagnie. À Montréal, elle a été présentée cinq semaines au Théâtre Denise-Pelletier, où le taux de remplissage a frôlé les 97%. Un tour de force selon son directeur artistique Jean Stéphane Roy. «Jouer dans une telle salle a donné une crédibilité à la Catapulte», se réjouit-il.
La clé du succès? Difficile de la réduire à quelques paramètres. Une distribution «parfaite» maintes fois récompensée, une dramaturgie audacieuse, un réseau de matinées scolaires bien développé. Mais ce n'est pas tout: «Ce plaidoyer pour la liberté des Canadiens français a su rejoindre la réalité des minorités francophones», analyse M. Roy, encore surpris de la résonance de Zone auprès du jeune public, mais aussi des parents.
La mission
Quant au renouvellement de cette recette triomphante, Jean Stéphane Roy n'y tient guère même si la pièce a tracé la voie à d'autres productions de la Catapulte, notamment à Ik Onkar, actuellement en tournée québécoise.
«Ma mission en tant que directeur artistique, c'est de prendre des risques, de repousser les barrières, défend-il. Pas de suivre une formule toute faite.»
Peut-être est-ce la raison pour laquelle Zone s'octroie désormais une pause, avant une ultime représentation annoncée à Toronto en février 2015. Jeux de balancier, les adieux à la scène ont souvent été l'occasion de beaux retours...
POUR Y ALLER
OÙ ? École secondaire publique De La Salle
QUAND ? Demain, 15 h
RENSEIGNEMENTS ? 613-241-2727, poste 1 ; nouvellescene.com