Avec le départ de Jason Spezza, Kyle Turris a hérité du poste de centre numéro un chez les Sénateurs.

Kyle Turris et la vie sans Spezza

c'est le jour de la marmotte cet été pour Kyle Turris, comme pour ses autres coéquipiers des Sénateurs d'Ottawa.
Partout où il va, que ce soit au Royal Ottawa pour une ronde de golf ou comme hier alors qu'il a fait une apparition à l'école de hockey de l'équipe au Sensplex, il se fait demander comment son club va se débrouiller sans un gros morceau qui est parti, en l'occurrence Jason Spezza.
C'était la même chose l'an passé alors que les mêmes questions revenaient au sujet d'un autre ancien membre du Royal Ottawa, Daniel Alfredsson.
Turris est cependant encore plus concerné par le départ de Spezza pour Dallas cet été puisque c'est maintenant lui qui devrait occuper le poste de centre numéro un.
«Ça va être différent, on ne peut pas le nier. Mais en même temps, il faut aller de l'avant et nous sommes excités pour la prochaine saison... C'est quelque chose qui n'est pas si surprenant, ça fait partie de la business. On souhaite le mieux pour l'organisation et pour le joueur et dans ce cas, c'était d'aller chacun de son côté. Les mêmes questions vont maintenant revenir, mais on a peut-être appris comment composer avec ça avec Alf. Maintenant, il faut juste se présenter dans un bon état d'esprit», a-t-il répondu lorsque la fameuse question a été abordée d'entrée de jeu dans le cadre d'une rencontre avec quelques journalistes locaux.
«Tout le monde va avoir plus de responsabilités et devra contribuer (en attaque). On comprend ça. Nous avons déjà joué sans Spezza alors qu'il était blessé, on sait à quoi s'attendre. J'ai appris de Spezz au cours de mes trois années ici et j'ai eu à le remplacer (comme centre numéro un) il y a deux ans, donc je vais être mieux préparé pour ce que ça comporte», mentionnait-il.
Troisième meilleur compteur des Sénateurs la saison dernière - derrière Erik Karlsson et Spezza - avec ses 58 points (dont 26 buts, un sommet au sein de l'équipe), Turris fait référence à la saison 2013 écourtée par le lock-out, que Spezza avait ratée presqu'au complet en raison d'une opération au dos. Il avait alors aidé l'équipe à se qualifier pour les séries contre toutes attentes avec ses 12 buts et 29 points en 48 parties, puis à franchir la première ronde avec 6 buts et 9 points en 10 matches de séries.
Il avait alors été appelé à jouer souvent contre les meilleurs défenseurs adverses, une tâche qui lui incombait moins souvent l'an passé avec la présence de Spezza, même si son trio complété par Bobby Ryan et Clarke MacArthur a été le meilleur des Sénateurs pendant la majorité de la campagne.
Ryan, faut-il le rappeler, avait été acquis d'Anaheim dans la foulée du départ controversé d'Alfredsson. Il devait jouer avec Spezza à l'origine, mais c'est plutôt avec Turris qu'il a établi une bonne chimie une fois rendu sur la patinoire, jusqu'à ce qu'il ait besoin d'une opération pour une hernie sportive en fin de campagne.
Ses deux ailiers entament la dernière année de leurs contrats et sont présentement à la recherche de prolongations de pacte, des négociations ayant été amorcées avec les dirigeants des Sénateurs. Le joueur obtenu des Coyotes de Phoenix en décembre 2011 n'a pas de soucis de ce côté, alors qu'il en sera à la deuxième année d'un contrat de cinq ans lui rapportant en moyenne 3,5 millions$ par an.
Ayant prolongé sa dernière campagne en prenant part au Championnat mondial de hockey tenu à Riga, au Bélarus, Turris racontait hier qu'il n'a pas fait de trop gros voyages cet été, à part un voyage familial annuel dans sa Colombie-Britannique natale. Sa conjointe Julie attend la visite de la cigogne pour la première fois à la mi-septembre, en plein lorsque le camp des Sénateurs va se mettre en branle.
«Ça va être un nouveau chapitre dans nos vies, on a bien hâte que ça commence», lance celui qui recommencera à patiner aujourd'hui.
Un peu comme le début d'une nouvelle ère au Coffre d'outils, sans Jason Spezza et Daniel Alfredsson.
«Nous allons être une équipe différente, qu'elle soit meilleure ou non, ce sera à d'autres de juger. J'ai confiance en notre groupe, nous avons beaucoup de profondeur. Tout le monde va jouer de la même façon, nous allons avoir trois ou quatre lignes qui vont contribuer en attaque et qui vont jouer en défense chaque soir. Nous allons tous acheter le concept», affirme Turris, qui pense que David Legwand, le centre autonome mis sous contrat par l'équipe, va être «un bon vétéran qui va cadrer dans ce concept».
On verra bien. Avec la fin du mois de juillet aujourd'hui, ça va commencer à sentir le hockey bientôt.