Kalthoum, d'Ibrahim Maalouf ****

Mélodiste hors pair, le trompettiste Ibrahim Maalouf continue de brouiller les pistes entre les genres.
Jazz et musique arabe convergent ici dans une vision kaléidoscopique, scintillant autour de l'univers de la chanteuse Oum Kalthoum. Disparue il y a 40 ans, elle continue d'être «l'Astre de l'Orient» guidant le nouvel album du trompettiste qui en fait une inspiration dans son travail de composition.
Le souffle lumineux de la trompette quart de ton, en longues déambulations oniriques et arabisantes, vise juste, porté par les méandres de l'Orient jusqu'aux confins d'un jazz accessible. Il faut prendre le temps de s'y perdre, d'y revenir, de se laisser emporter par les modulations entêtantes d'une grande ampleur.
Ici, l'exigence artistique fait flirter euphorie et mélancolie. Sur le même titre (Alf Leila Wa Leila) divisé en mouvements, on croirait entendre parler deux langues: l'arabe et le jazz. Belle alliance.