Selon Justin Trudeau, rendre les sénateurs libéraux indépendants de son caucus est un premier pas pour réduire la partisanerie qui prévaut dans la Chambre haute.

Justin Trudeau expulse 32 sénateurs libéraux

Justin Trudeau expulse les 32 sénateurs libéraux hors de son caucus, une tentative de se sortir de la mêlée alors que les scandales entourant la Chambre haute se sont multipliés au cours de la dernière année.
Selon le chef libéral, le Sénat est devenu une institution marquée par le favoritisme et la partisanerie extrêmes, qui ne sert plus les Canadiens.
Pour régler ces deux problèmes, il a annoncé que les sénateurs nommés par le Parti libéral siégeront désormais comme indépendants et ne feront plus parti du caucus libéral.
«La seule façon de faire partie du caucus libéral est d'avoir été élu par la population», a fait valoir Justin Trudeau.
En point de presse mercredi matin, il a assuré qu'il n'avait pas d'information particulière sur l'audit que mène actuellement le vérificateur général sur les dépenses de tous les sénateurs. Et que ce n'est donc pas parce que des sénateurs libéraux allaient être sévèrement blâmés qu'il a pris cette décision de les exclure, pour sauver sa réputation avant la tempête.
Les anciens sénateurs libéraux ne feront plus partie des opérations politiques ni des levées de fonds pour le Parti, a-t-il précisé. Le budget alloué par le parti sera aussi éliminé.
Le chef libéral met de plus au défi Stephen Harper de faire la même chose avec ses 57 sénateurs conservateurs.
Peine perdue, le gouvernement ayant rejeté mercredi sans une seconde d'hésitation les propositions libérales.
«Un écran de fumée», a commenté le ministre d'État à la réforme démocratique, Pierre Poilievre.
«Et c'est pour se distancer du rapport du vérificateur général», a-t-il ajouté, refusant de dire s'il avait eu accès à ses conclusions.
«Le seul changement que M. Trudeau annonce est que les sénateurs ne vont pas assister à une seule réunion par semaine», a-t-il ironisé.
Les conservateurs croient qu'il doit y avoir un vrai changement pour le Sénat et que les sénateurs doivent être élus, a rappelé M. Poilievre.
M. Trudeau a confié s'être assis avec les sénateurs nommés dans le passé par les anciens leaders du Parti libéral du Canada (PLC) Paul Martin, Jean Chrétien ou Pierre Trudeau, une demi-heure avant son annonce, et avoir trouvé difficile de les informer de sa décision.
Il se dit contre un Sénat où les membres seraient élus, comme le proposent les conservateurs.
Et la position du NPD d'abolir tout bonnement le Sénat n'est pas plus valable, estime M. Trudeau.
Cela va nécessiter un important amendement constitutionnel, raille M. Trudeau.
S'il est élu premier ministre, M. Trudeau assure par ailleurs qu'il mettra en place, avec la collaboration d'experts, un processus de nomination non-partisan, ouvert et transparent.
Il attend toutefois le jugement de la Cour suprême du Canada sur le projet de réforme du Sénat des conservateurs avant de se prononcer sur le mécanisme qui pourrait être utilisé pour cela.