Claude Julien a confiance dans son équipe, mais les Jeux olympiques, c'est comme les séries au football. Il n'y a pas de lendemain.

Julien est prêt à vivre son aventure olympique

Claude Julien n'a pas eu le temps de regarder les cérémonies d'ouverture des Jeux d'hiver de Sotchi hier midi, occupé qu'il était à préparer ses Bruins de Boston pour leur dernier match avant la pause olympique, cet après-midi contre les Sénateurs.
Après l'entraînement des siens, à environ 48 heures de son départ vers la Russie avec l'équipe nationale de hockey dont il sera un entraîneur associé, l'homme de hockey originaire d'Orléans commençait quand même à réaliser que son aventure olympique allait bel et bien se réaliser bientôt.
«Comme on a eu une semaine assez tranquille avec un seul match (à St-Louis jeudi), j'ai pu préparer pas mal toutes mes affaires sans attendre à la dernière minute. Mais ça m'a vraiment frappé (hier) quand j'ai paqueté mes patins et mon équipement dans ma poche. Ça commence à être de plus en plus réel», a-t-il confié hier lorsque je l'ai joint à son bureau du TD Garden.
Cette première expérience olympique pour l'ancien entraîneur des Olympiques et du Canadien est accompagnée d'une certaine anxiété, étant donné que les Jeux font l'objet d'une menace terroriste. C'est d'ailleurs Julien qui m'a informé qu'un avion avait fait l'objet d'une tentative de détournement vers Sotchi hier, un passager d'un vol de Pegasus Airlines disant qu'une bombe étant à bord et exigeant de ne pas atterrir en Turquie comme prévu.
Le père de famille racontait qu'il est hors de question que ses deux jeunes enfants, Katryna Chanel et Zachary, fassent le long voyage vers Sotchi. Mais son épouse Karen, une ancienne patineuse artistique, souhaite aller le rejoindre pour la dernière semaine du tournoi de hockey, histoire de partager avec lui son expérience olympique.
«On va attendre de voir comment ça se passe une fois rendu là-bas avant de prendre une décision finale, on a encore un peu de temps. Pour les membres de l'équipe, je pense qu'une fois rendu au village, avec toute la sécurité qu'il va y avoir, on va se sentir assez confortable. Mais c'est un peu plus inquiétant (pour les familles)», mentionnait Julien, qui n'aura pas d'autre parenté sur place.
S'il a certaines inquiétudes au niveau de la sécurité, le pilote des Bruins est très à l'aise avec l'équipe assemblée par le d.g. Steve Yzerman, ainsi que les responsabilités que l'entraîneur-chef Mike Babcock lui a confiées.
«Je vais m'occuper du désavantage numérique en plus d'être sur le banc à ses côtés, je vais avoir les écouteurs pour parler avec 'Hitch' (Ken Hitchcock) et lui faire part de nos observations quant à la façon de jouer de notre équipe», a indiqué celui qui remplira un rôle d'adjoint pour la première fois depuis le Championnat mondial de 2006 à Riga, en Lettonie, où il avait travaillé sous les ordres de Marc Habscheid.
Heureux de travailler avec «la crème de la crème» des hockeyeurs canadiens de la LNH, Julien a confiance que les gardiens Roberto Luongo et Carey Price sauront répondre aux attentes de toute une nation. Et la présence de plusieurs vétérans de l'équipe qui a gagné l'or en 2010 à Vancouver, Sidney Crosby en tête, est aussi très rassurante.
«Comme tout le monde, je suis confiant que nous allons avoir une bonne équipe. Mais dans un tournoi comme ça, c'est comme lors des séries au football, il faut que tu joues bien à chaque match éliminatoire sinon tu peux retourner chez toi plus tôt que prévu. Il faut être capable de gérer ça, on a plusieurs joueurs qui l'ont déjà fait, il faut juste qu'ils le fassent à nouveau», ajoutait-il.
Contre les Sénateurs aujourd'hui, ses Bruins se débrouilleront pour un deuxième match de suite sans leur capitaine Zdeno Chara, parti prématurément pour être le porte-drapeau de la Slovaquie lors des cérémonies d'hier. «La décision de le laisser aller n'a pas été difficile à prendre. Oui, on a un bon coussin au classement, mais au-delà des considérations hockey, il fallait reconnaître que Zdeno a fait tellement de choses pour notre équipe, sur la glace comme en-dehors», notait Claude Julien, lui qui doit se débrouiller sans deux autres défenseurs d'expérience en Dennis Seidenberg et Adam McQuaid, blessés.