Le danseur Jonathan Renna.

Jonathan Renna, le bad boy du ballet

Le prototype masculin du beau gosse princier des contes de fées, très peu pour lui. Sur scène, Jonathan Renna joue rarement les tendres. Il a notamment interprété Tybalt dans Roméo et Juliette, le brigand meurtrier Don José dans Carmen et endossera les traits du sorcier Rothbart dans le Lac des cygnes du Ballet national du Canada, présenté à guichets fermés au CNA du 30 janvier au 1er février.
Le danseur originaire d'Ottawa s'est fait une raison, assumant désormais l'identité du bad boy avec sérénité. Le genre de rôle auquel il semblait prédestiné: «J'ai les traits foncés, je peux aussi apparaître très dramatique sur scène. Ce serait vraiment difficile d'interpréter Roméo», avoue-t-il sans une once de regret. Avec le Lac des cygnes, le danseur devrait être comblé.
Éternel, intemporel, ce ballet du compositeur Tchaïkovski demeure une valeur sûre du classique. Sujet à de multiples chorégraphies, dont celle de James Kudelka, en 1999, le scénario joue sur le trouble et la confusion engendrée par le personnage d'Odette-Odile, cygne blanc et cygne noir, dansé par la même ballerine. Le prince Siegfried s'éprend du Cygne blanc (Odette), princesse métamorphosée en cygne par le sorcier Rothbart et qui ne retrouvera sa forme humaine que grâce à l'amour d'un homme.
Jonathan Renna a fait ses classes à la Kanata Ballet School avant de rejoindre l'école du Ballet national, à l'âge de 10 ans. Si l'époque du maître terroriste est close, celle de l'élève obéissant aussi. Il rit encore des circonstances à l'origine de son départ d'Ottawa. «Ce fut tout une histoire, cette admission. Ma mère ne voulait pas que je m'inscrive, le coût de la formation était trop onéreux pour notre budget. Quand le casting a eu lieu au CNA, j'ai falsifié la signature de mes parents pour m'absenter de l'école, j'ai pris le bus tout seul et suis allé à la banque retirer le montant requis pour passer l'audition.»
Accepté, mais pris la main dans le sac ! Il savoure encore l'anecdote, un sourire en coin. S'il n'avait pas désobéi, qui sait...
Passion et acharnement
Son parcours suivra la trajectoire palpitante d'un passionné acharné qui semble rêver sa vie et en a réalisé point par point les étapes : il intègre le Ballet national en 1997, le quitte trois ans plus tard pour rejoindre le Northern Ballet Theatre en Angleterre puis l'Alberta Ballet. «J'ai pensé très sérieusement à intégrer les Grands Ballets canadiens de Montréal, mais je voulais plutôt vivre à Toronto. Je sentais aussi le besoin de revenir à un répertoire plus exigeant.»
En 2007, Jonathan Renna renoue avec le Ballet national et accède aux titres de premier soliste et maître de ballet. Il animera par ailleurs une classe de ballet, le 1er février à 10 h, au CNA.