John Tavares aimerait une chance de retourer aux Jeux olympiques.

JO: les joueurs espèrent voir la LNH changer de position

La première participation de John Tavares aux Jeux olympiques a été douce-amère.
Même s'il a obtenu l'or avec l'équipe canadienne en 2014, Tavares n'a pu participer au match pour la médaille d'or face à la Suède en raison d'une blessure à un genou.
«Personnellement, j'aimerais y participer à nouveau», a dit Tavares pendant le week-end des Étoiles, à Los Angeles.
Les chances qu'il y retourne paraissent de plus en plus minces. La LNH est hésitante à participer aux Jeux olympiques de 2018 en Corée du Sud et l'adjoint au commissaire Bill Daly a déclaré samedi que: «Si le statu quo demeure, je ne m'attends pas à ce que nous soyons aux Olympiques».
Le bureau des gouverneurs de la LNH s'est réuni samedi et a passé environ 10 secondes sur le sujet des Olympiques, selon le commissaire Gary Bettman. Les gouverneurs ont récemment exprimé leur désintérêt pour envoyer leurs joueurs pour une sixième fois de suite aux Olympiques, ne souhaitant pas interrompre leur saison en février pour un événement qui, croient-ils, n'a pas de bénéfices tangibles.
Les joueurs espèrent cependant qu'ils changeront d'avis.
«J'aimerais y retourner, a dit Sergei Bobrovsky, le gardien des Blue Jackets de Columbus qui a représenté la Russie en 2014 à Sotchi. Je crois toujours que c'est la compétition internationale la plus importante au monde, du moins une des plus importantes.»
Au-delà des enjeux logistiques - un calendrier plus compact et une augmentation des risques de blessures -, la LNH n'est pas convaincue que sa présence aux Jeux olympiques a un véritable impact sur la croissance du sport. La ligue soutient avoir vu un impact quand les Jeux ont eu lieu à Salt Lake City (2002) et Vancouver (2010), mais pas vraiment quand ils ont eu lieu ailleurs qu'en Amérique du Nord, notamment à Nagano (1998), Turin (2006) et Sotchi (2014).
Les Jeux de Pékin en 2020 pourraient intéresser la LNH en raison de son marché imposant, mais Pyeongchang en 2018, pas vraiment.
Les propriétaires ont aussi été déçus d'apprendre que le Comité international olympique n'allait plus couvrir les dépenses pour la participation des joueurs de la LNH, ce qu'il faisait depuis 1998.
«Il y a certainement de grands enjeux, a noté Tavares. Mais quand on y pense, les joueurs adorent représenter leur pays dans un tournoi regroupant les meilleurs joueurs au monde, ce qui n'arrive pas souvent.»
«Je suis d'accord à 100% parce qu'aux Olympiques, il y a des personnes qui vont regarder qui ne connaissent pas le hockey, les règlements, a expliqué Bobrovsky. Tout le monde regarde les Olympiques, et donc le hockey.»
Le président de la Fédération internationale de hockey sur glace, René Fasel, a laissé entendre qu'il pourrait couvrir une partie des dépenses - jusqu'à 10 millions $ US -, mais Bettman est resté sur ses gardes et s'est dit inquiet de voir ce montant sortir du financement du hockey mineur. Bettman a d'ailleurs répété que ce n'était pas seulement une question d'argent.
«Nous avons dit dès le début que s'ils ne couvraient pas les dépenses, alors nous n'avions même pas à nous pencher sur la question», a dit Bettman.
«Il y a probablement des propriétaires qui ont toujours pensé que les Olympiques étaient une bonne idée, a-t-il ajouté. Il y a des propriétaires qui n'ont jamais aimé l'idée et il y en a d'autres qui n'y pensaient pas trop jusqu'à ce que le CIO dise: "Nous n'allons plus couvrir les dépenses." Et je pense que la réaction de plusieurs équipes a été: "Si c'est ça la valeur qu'ils accordent à notre participation, pourquoi se donner autant de trouble?"»
Ce qui permettra à la LNH d'offrir à ses joueurs la possibilité de participer aux Olympiques n'est pas clair, même pour les personnes impliquées.
«Tout ce que je peux dire, c'est que si nous continuons d'entendre la même chose, je ne pense pas que ça va bouger», a conclu Daly.