Plusieurs artistes, dont Bïa, revisiteront sobrement l'oeuvre de Jacques Brel, à raison de deux titres chacun.

Jacques Brel, un piano et 10 voix

D'abord spectacle de fermeture de l'édition 2012 du festival Montréal en lumières, Ne me quitte pas: Un hommage à Jacques Brel est aujourd'hui présenté aux quatre coins du Québec, incluant Gatineau, mercredi prochain.
Réunissant 10 artistes autour du piano de Benoit Sarrasin et du répertoire du regretté auteur-compositeur-interprète belge, cet hommage à celui qui aurait eu 85 ans cette année se décline en 20 chansons. Place aux textes et aux interprètes.
Ils seront 10 à sobrement revisiter (piano-voix) l'oeuvre de Jacques Brel, à raison de deux titres chacun: Marc Hervieux, Isabelle Boulay, Marie-Élaine Thibert, Paul Piché, Diane Tell, Luc De Larochellière (qui signe la mise en scène), Pierre Flynn, Bruno Pelletier, Bïa et Danielle Oddera.
Entre les pièces, c'est le Belge lui-même qui interviendra, par le biais d'extraits d'une entrevue accordée à la fin des années 1960 que le metteur en scène a retracée.
«Le spectacle, c'est 10 solistes qui viennent mettre leurs pieds dans les souliers de Brel à tour de rôle. C'est lui, le fil conducteur de la soirée. Nous le chantons. Et c'est lui, qui ne parlait jamais entre ses chansons, sur scène, qui parle entre nos prestations individuelles!» explique gaiement Luc De Larochellière.
Son propre rapport à Brel remonte à l'enfance. «Mes parents étaient surtout amateurs de musique classique et d'opéra, mais parmi les rares chanteurs qu'ils écoutaient, il y avait Brel, se souvient M. De Larochellière. Ma mère, qui était une interprète lyrique, le chantait aussi, à l'occasion...»
Ainsi, quand Spectra Musique l'a approché il y a deux ans pour participer à Ne me quitte pas et mettre en scène le projet, il ne s'est donc pas retrouvé en terrain inconnu. Mélangeant à la liste d'artistes déjà établie par les producteurs celle des chanteurs avec qui il avait envie de travailler, il a ainsi oeuvré autour de deux types d'émotions: celles intrinsèques aux pièces de Brel et celles, tout aussi personnelles, des interprètes.
«Je voulais créer une proximité entre le public, les chanteurs et les paroles des titres de Brel. C'est entre autres pour ça qu'on a recours à un écran géant, qui permet aux spectateurs de voir l'émotion de chacun pendant qu'il livre le texte choisi», soutient le principal intéressé.
Certes, le metteur en scène a parfois dû trancher, quand plus d'un artiste avait opté pour le même titre. Au total, ce sont 20 pièces du répertoire foisonnant de Brel que la foule est invitée à (re)découvrir.
«Évidemment, les gens s'attendent à entendre certains incontournables, dont Ne me quitte pas, qui donne son titre au spectacle, lance l'artiste. Mais nous n'avions pas envie de nous emprisonner dans un genre de best of non plus, alors nous sortons parfois des sentiers battus.»
Certains membres de la troupe se sont donc «eux-mêmes sortis de leur zone de confort», souligne-t-il, citant Marie-Élaine Thibert en exemple. Reconnue pour ses reprises de La Quête, elle s'est cette fois «lancée dans une chanson assez entraînante», renchérit Luc De Larochellière, sans en dévoiler plus pour autant.
Ce dernier ne cache pas avoir été «émerveillé» par «l'immense respect» et «la grande générosité» démontrés par tous, tout au long de la concrétisation de ce projet.
«On sent un réel amour pour Brel de leur part. Au final, mon travail a surtout été de déterminer l'ordre de passage de chacun, afin de mettre tout le monde en valeur et de doser entre émotions et sourires.»
Brel en quelques dates
1929: naît, le 8 avril, à Bruxelles.
1953: débarque à Paris.
1956: enregistre Quand on n'a que l'amour; rencontre le musicien François Rauber.
1957: reçoit le prix Charles-Cros (pour Quand on n'a que l'amour); rencontre le pianiste Gérard Jouannest.
1959: enregistre de Ne me quitte pas.
1961: en vedette à l'Olympia pour la première fois; rencontre l'accordéoniste Jean Corti.
1967: fait ses adieux à la scène.
1968: entame sa carrière au cinéma (Les risques du métier et La bande à Bonnot).
1969: joue dans la comédie musicale L'homme de la Mancha, qu'il a traduite l'année précédente.
1975: traverse le Pacifique vers la Polynésie.
1976: s'installe sur l'île d'Hiva Oa, dans l'archipel des Marquises.
1977: enregistre son dernier album (Les Marquises).
1978: décède le 9 octobre, près de Paris. Il repose sur l'île d'Hiva Oa.