Le chef libéral, Michael Ignatieff, a annoncé un plan d'un milliard de dollars pour soutenrie les aidants naturels mardi à Gatineau, chez Michael Lemieux et Hélène Hardy, une famille dont le père se bat depuis cinq ans contre une rare forme de cancer.

Ignatieff présente un plan d'un milliard $ pour appuyer les aidants naturels

Avec son plan d'un milliard $ par année pour soutenir les aidants naturels, le chef libéral Michael Ignatieff semble vouloir se positionner comme le champion des familles en vue des prochaines élections.
Et pour mener à bien ce projet, ce sont les entreprises qui perdraient au change: le Parti libéral annulerait les allégements fiscaux de 6 milliards $ qui leur ont été consentis par le gouvernement conservateur.
Cet argent servirait en partie à financer cette promesse libérale, annoncée mardi à Gatineau, chez Michael Lemieux et Hélène Hardy, une famille dont le père se bat depuis cinq ans contre une rare forme de cancer.
Mme Hardy a souvent dû s'absenter de son travail pour prendre soin de son conjoint, ce qui a mis énormément de pression sur les finances de la famille.
«Ce qu'il faut faire, c'est de geler les taxes d'entreprises à 18 pour cent. Avec les 6 milliards $ qui sont livrés, on va investir une partie de cet argent, jusqu'à concurrence d'un milliard, à aider les familles en difficulté», a indiqué le chef libéral.
Car le taux d'imposition des entreprises est déjà parmi les plus bas dans les pays industrialisés, a fait valoir M. Ignatieff.
«Ce que les conservateurs ont fait, c'est d'emprunter de l'argent pour donner aux entreprises des allégements fiscaux pendant que des familles, comme Mike et Hélène, essaient de joindre les deux bouts alors qu'ils traversent une épreuve, comme un membre de la famille qui a le cancer, la maladie d'Alzheimer ou comme un enfant qui est malade», a-t-il expliqué.
«Ce qu'on dit, c'est: mettez vos priorités à la bonne place!», a-t-il lancé aux conservateurs.
«Nous, nous avons fait un choix clair envers les familles canadiennes de classe moyenne», a ajouté M. Ignatieff.
Les électeurs aussi auraient des options claires, explique-t-il.
Entre un chef compatissant, à l'écoute des besoins des familles de classe moyenne, et un leader conservateur qui favorise les grandes entreprises, a fait valoir M. Ignatieff devant la maison du couple.
Mais il n'y a aucune chance que les conservateurs ne récupèrent dès maintenant cette idée. La ministre des Ressources humaines, Diane Finley, a dit qu'il s'agit d'un plan «irresponsable» qui nuirait à la reprise économique.
«On doit mettre nos efforts pour que les gens retournent au travail. On doit garder l'impôt bas pour encourager les entreprises à engager des travailleurs», a-t-elle affirmé.
Le gouvernement conservateur garde ainsi le cap et se pose, pour sa part, comme le champion de l'économie et de l'emploi.
Tout en se disant ouverte à en faire plus pour les aidants naturels, la ministre a indiqué qu'il y a d'autres mesures en place dont les travailleurs peuvent se prévaloir pour s'occuper de leurs proches, comme des congés sans solde.
Mais Hélène Hardy a justement souligné qu'elle a utilisé toutes ses vacances depuis cinq ans pour s'occuper de son conjoint.
«Je suis tellement fatiguée», a-t-elle lancé, éclatant en sanglots après le point de presse, pendant qu'il la prenait dans ses bras.
Le plan qui serait mis en place par le chef libéral - s'il est élu premier ministre - comporte deux volets.
D'abord, une nouvelle prestation d'assurance-emploi de six mois, similaire au congé parental, serait disponible. Les Canadiens pourraient ainsi prodiguer des soins à leurs proches sans devoir quitter leur emploi.
Actuellement, une prestation «de compassion» de six semaines existe, mais il faut qu'un médecin atteste que la personne malade n'a plus que six mois à vivre. La proposition libérale n'impose pas cette condition.
Le plan libéral a aussi comme objectif de compenser en partie les pertes de salaire de ceux qui s'absentent du travail pour s'occuper de membres de leurs familles.
Une nouvelle prestation fiscale pour soins familiaux serait aussi instaurée pour les aidants naturels de familles à faible ou moyen revenu, d'un maximum de 1350 $ par année.
«Cela ferait une différence», a affirmé Mme Hardy, qui dit qu'elle n'aurait plus à s'inquiéter du prix de l'essence quand elle doit reconduire son conjoint à l'extérieur de la ville pour des traitements.
Le Parti libéral semble ainsi s'approprier le titre de «défenseur des familles de classe moyenne», dont se réclame déjà le Nouveau Parti démocratique.
C'est ainsi que le chef Jack Layton avait positionné son programme économique au terme de son caucus pré-sessionnel le mois dernier.
Mais les libéraux n'auraient «aucune crédibilité» pour s'approprier ce chapeau, selon le député néo-démocrate Thomas Mulcair.
«Les actions pèsent plus lourd que les mots. Il faut que les bottines suivent les babines!», a-t-il lancé.
«Ils ont été dans une majorité pendant une douzaine d'années et ils n'ont rien fait», a affirmé M. Mulcair.
Le Bloc québécois n'a aucune objection au plan libéral, du moment qu'il n'empiète pas sur la compétence en santé des provinces. Le chef Gilles Duceppe a rappelé que son parti avait lui-même proposé des changements à l'assurance-emploi pour bonifier le soutien aux aidants naturels.
M. Ignatieff a confié bien comprendre la situation des aidants naturels. Lors du point de presse, il a raconté comment son père a pris soin à domicile de sa mère, qui souffrait de la maladie d'Alzheimer.
«À mon avis, c'est probablement ce qui l'a tué», a relaté M. Ignatieff au sujet de son père épuisé, mort d'une crise cardiaque trois ans après avoir entrepris de soigner son épouse.