Le PDG d'Hydro Ottawa, Bryce Conrad, devant les chutes de la Chaudière, où sera érigé une nouvelle centrale hydroélectrique.

Hydro Ottawa veut rapatrier 45000 clients

Hydro Ottawa tente toujours d'attirer les quelque 45000 clients de la capitale nationale desservis par Hydro One.
«Il faut arrêter de procrastiner et agir, lance quelque peu dépité le président et directeur général d'Hydro Ottawa, Bryce Conrad. C'est une question d'équité. Il y a des cas où un client paie plus pour l'électricité sur un côté de la rue que son voisin d'en face, et ce, pour un service de moins bonne qualité. À la Place d'Orléans, par exemple, un côté du centre d'achats où il y a La Baie est alimenté par nous et celui du côté du Walmart par Hydro One. Il peut se produire une panne d'un côté, mais pas de l'autre. C'est insensé.»
Pour l'heure, environ 315 000 foyers sont alimentés en électricité par Hydro Ottawa. Les 45 000 autres, situés aux extrémités de la ville, surtout à l'est, doivent dépendre du réseau de la province. Les fusions municipales de 2001 ont provoqué cette double présence de fournisseurs en électricité dans la région de la capitale nationale, Hydro One ayant le monopole dans les régions plus rurales. Néanmoins, Hydro Ottawa cherche à rapatrier ces clients ruraux depuis plusieurs années.
«C'est toujours une question de prix, signale M. Conrad. Hydro One nous propose des sommes exagérées.»
Force est d'admettre que les deux parties recherchent la meilleure entente possible. La perte de 45 000 abonnés doit être compensée pour éviter des hausses de coûts aux autres clients du réseau, soutient Hydro One. Ce qui fait en sorte que les deux sociétés hydroélectriques sont en pourparlers depuis 2011 sans qu'il y ait eu de progrès véritables. Le dossier stagne.
Le ministre de l'Énergie, Bob Chiarelli, en sait quelque chose. Le même débat existait alors qu'il était le maire d'Ottawa au tournant du XXIe siècle. Aujourd'hui, il se trouve de l'autre côté de la clôture. «J'ai proposé aux deux parties d'aller en arbitrage pour fixer le coût d'un tel transfert de clients s'ils ne pouvaient pas s'entendre. C'est où nous en sommes en ce moment», a expliqué M. Chiarelli vendredi.
C'est une avenue qui devrait avant tout être discutée au conseil d'administration du fournisseur local, soutient M. Conrad.
«Évidemment, il y a des risques, mais aussi des avantages.»
La Ville d'Ottawa, actionnaire d'Hydro Ottawa, a déjà laissé entendre publiquement qu'elle préférait éviter l'arbitrage. Une telle méthodologie n'avait pas apporté les résultats escomptés dans les négociations récentes avec les pompiers et les policiers d'Ottawa.
Expansion hydroélectrique
Par ailleurs, Hydro Ottawa a conclu une entente de 40 ans pour procéder à une expansion du site des chutes de la Chaudière. La nouvelle centrale hydroélectrique d'une puissance de 29 mégawatts, construite en deux ans à compter de l'an prochain, permettra d'alimenter 20 000 nouveaux foyers par année. Cet ajout doublera la puissance du parc hydraulique.
L'expansion pourrait aussi générer 15 millions $ de plus annuellement en dividendes à la Ville d'Ottawa. En 2013, la municipalité avait recueilli 18,6 millions $ grâce aux installations actuelles.