Histoires de cul

Voilà que l'Université d'Ottawa se retrouve au centre de deux histoires de sexe.
On n'a pas beaucoup de détails sur ces allégations d'agression sexuelle impliquant plusieurs joueurs de hockey des Gee Gees au tout début du mois de février, alors qu'ils jouaient deux matches sur la route à Thunder Bay.
On sait seulement que c'est une tierce personne, et non la présumée victime, qui a porté plainte à la police locale. Or dans ce genre de cause, c'est souvent le témoignage de la victime elle-même qui est déterminant. La prudence s'impose avant de sauter aux conclusions.
Pour l'instant, le plus troublant dans cette affaire, est que l'Université d'Ottawa affirme avoir été mise au courant le 24 février, soit plusieurs semaines après les faits... et trois jours après la fin de la saison régulière des Gee Gees d'Ottawa qui s'est terminée le 21 février.
Pourquoi ce délai? Est-ce que quelqu'un au sein de l'équipe de hockey a voulu camoufler l'affaire jusqu'à la fin de la saison? Est-ce que c'est une autre manifestation de cette culture du hockey où tout ce qui se dit et se fait dans la chambre reste dans la chambre? Ou, pire, est-ce qu'on a jugé que l'incident était trop anodin pour être rapporté?
Pour l'instant, tout ce qu'on sait, c'est qu'une tierce personne a informé l'Ud'O des gestes présumément commis par les hockeyeurs. Est-ce que cette tierce personne est aussi la plaignante? On l'ignore, la haute direction universitaire et les corps policiers d'Ottawa et de Thunder Bay se faisant avares de commentaires hier, sous prétexte de ne pas nuire à leurs enquêtes respectives.
En attendant, l'Université d'Ottawa a «suspendu» son programme de hockey universitaire masculin. So what? Étant donné que la saison est terminée et que les joueurs peuvent continuer de suivre leurs cours, on voit mal ce que cette mesure va changer au quotidien. Du moins, à court terme. Évidemment, plus le temps avancera, plus cette suspension aura des conséquences sur la planification de la prochaine saison des Gee Gees.
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Par un curieux hasard - à moins que ce n'en soit pas un - cette histoire sort publiquement en même temps qu'une autre histoire de cul à l'Université d'Ottawa.
Une histoire qui, pour le moment du moins, n'a pas de répercussions au criminel.
On parle de cinq gars qui, se croyant dans une conversation privée sur Facebook, laissent libre cours à leurs fantasmes durant les élections étudiantes.
Dans un échange digne d'une conversation de taverne, les cinq étudiants échangent sur la présidente de leur fédération étudiante.
On a droit à tout ce qui peut se dire et s'écrire de plus épais à propos des filles lorsque des gars se croient à l'abri du regard de l'autre sexe.
Mettez un micro sous une table occupée par une gang de gars un peu pompettes, après un match de hockey, et ça donnerait à peu près ça.
Les termes sont crus, on parle de fellation, de sodomie...
L'un des étudiants parle de «punir» la présidente de la FEUO avec un organe mâle.
Ils se lancent des défis, gagent de la bière advenant que l'un d'eux réussisse à avoir une relation sexuelle avec elle.
Quelqu'un a pris une photo de l'écran et a envoyé le tout à la présidente de la FEUO.
Elle est outrée, et on la comprend.
Elle estime que des blagues de viol et de violence sexuelles sont inacceptables.
L'Université d'Ottawa et la Police d'Ottawa ont toutes deux condamné ces commentaires méprisants sur les femmes. Et ils ont raison.
Il s'est aussi écrit que les cinq étudiants participent à une «culture du viol» sur le campus de l'Université d'Ottawa. Là, j'étais moins sûr.
Au départ, j'avais plus l'impression d'assister au spectacle de cinq gars qui fantasment collectivement sur une fille sans avoir réellement l'intention de passer à l'acte. Sont épais pareil, remarquez bien.
Sauf qu'en mettant bout à bout les deux histoires de cul, il m'est venu un doute.
Je me suis demandé: à quoi ça mène des fantasmes de gars poussés à l'extrême? À une petite partouze entre deux matches de hockey sur la route?