Un vétéran de 92 combats chez les pros, Gaétan Hart était un brin nostalgique vendredi lors du gala du groupe GYM au Casino Lac-Leamy. Il savoure néanmoins sa retraite de la construction, prise il y a 13 mois.

Hart se souvient, les amateurs aussi

Il y a de ces combats qui restent graver dans la mémoire d'un boxeur. Quarante ans plus tard, Gaétan Hart n'a pas oublié la première fois qu'il s'est battu pour un titre majeur.
Ça se passait en 1976. « À Boston », s'est rappelée la fierté de Buckingham, vendredi, avant le gala du groupe GYM au Casino Lac-Leamy.
Un jeune Hart, âgé alors de 22 ans, avait affronté Tony Petronelli pour le titre NABF des super-légers. Tout ça dans un ring aménagé dans les studios de la station de télé WNAC.
« C'était un adversaire coriace. Son père était l'entraîneur de Marvin Hagler. Je le battais. Il ne restait que 24 secondes au combat. C'était la première fois que je faisais 12 rounds. Puis j'ai baissé ma garde un instant. Je me suis fait pincer par un crochet. »
Ce fut le KO.
Mainenant âgé de 63 ans, Gaétan Hart se trouve à la retraite. Il a délaissé le milieu de la construction, il y a 13 mois.
« Je ne m'ennuie pas de ça... Pantoute... Rendu à un certain âge, c'est difficile », a-t-il noté.
Pas aussi taxant sur le corps par contre que d'échanger des taloches dans un ring avec un adversaire.
« Ça ne se compare pas du tout. Mais j'aimais boxer. J'ai gagné ma vie avec ça pendant longtemps. »
Hart a livré au total 92 combats chez les pros, sa dernière sortie officielle remontant en 2000. Il y a eu notamment cet affrontement de championnat du monde de la WBA contre Aaron Pryor au Riverfront Coliseum de Cincinnati en 1980.
Mais le principal intéressé est le premier à reconnaître qu'il ne se souvient pas de tous ses combats. Tiens comme celui du 22 décembre 1975 à l'hôtel Ambassador de Gatineau qu'il avait gagné contre Lamar Baskin.
« C'était sûrement un combat préparatoire », a-t-il fait remarquer.
Gaétan Hart s'était battu deux autres fois avant d'être placé devant Petronelli, chaque fois au club de golf Chaudière - devenu Château Cartier. Il avait monté 14 fois dans le ring en 1975 !
« Ça ne se compare pas du tout avec aujourd'hui. Les gars ne se battent pas régulièrement, peut-être deux ou trois fois par année... Je m'étais même battu deux fois à l'intérieur de 10 jours. »
Il était un brin nostalgique le sexagénaire. Il n'était pas le seul.
Des amateurs qui ont acheté leur billet pour le gala du groupe GYM mettant en vedette Artur Beterbiev avaient déjà assisté à des combats de Hart par le passé. Pas surprenant donc qu'ils lui réservent de chauds applaudissements chaque fois que des promoteurs l'invitent à leur soirée.
Hart, lui, se fait toujours un devoir d'assister à ces cartes. Chaque fois, la même chose lui trotte en tête.
« Ça serait le fun qu'un boxeur de la région perce à nouveau sur la scène internationale. La réalité, c'est que nous n'avons pas beaucoup de boxeurs locaux chez les professionnels. »