Stephen Harper en compagnie du premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou.

Harper refuse de critiquer Israël concernant ses colonies

Le Canada et Israël ont une vision différente du conflit israélo-palestinien en dépit de leurs bonnes relations, ont reconnu, mardi, le premier ministre Stephen Harper et son homologue israélien, Benyamin Nétanyahou.
Les deux pays ne sont pas d'accord sur la question des colonies israéliennes sur les territoires qui font l'objet d'un différend entre Israéliens et Palestiniens, a fait savoir M. Nétanyahou lors d'une conférence de presse conjointe à son bureau à Jérusalem.
M. Harper a pour sa part reproché aux journalistes d'avoir tenté de l'amener à critiquer publiquement l'État hébreu pour sa position concernant les territoires, affirmant que les reporters lui avaient posé des questions à ce sujet tant en Cisjordanie qu'en Israël.
Le chef du gouvernement canadien a déclaré que lorsque quelqu'un se trouve dans une situation de minorité, il faut le soutenir et non le critiquer.
Au cours de leur rencontre de mardi à Jérusalem, Stephen Harper et Benyamin Nétanyahou ont signé un protocole d'entente couvrant un grand nombre d'objectifs bilatéraux, et ont accepté de revoir l'Accord de libre-échange Canada-Israël (ALECI).
Les deux leaders ont annoncé que les négociations sur l'ALECI se dérouleraient en sol israélien du 3 au 9 février, et permettraient de moderniser et d'étendre la portée de l'accord entré en vigueur le 1er janvier 1997.
Le but de ces pourparlers est de réduire les barrières techniques entravant les échanges commerciaux, de régler plus rapidement les problèmes d'accessibilité au marché et de créer de nouvelles occasions d'affaires pour les entreprises canadiennes des secteurs de l'agriculture, de l'agroalimentaire ainsi que des poissons et fruits sur le marché israélien.
«Un accord de libre-échange plus large et plus moderne avec Israël générera plus d'emplois et favorisera la croissance économique tant au Canada qu'en Israël, tout en renforçant l'amitié entre nos deux pays», a indiqué M. Harper.
Les deux premiers ministres ont également convenu, mardi, d'allonger la liste de leurs intérêts communs dans le cadre d'un protocole d'entente sur le partenariat stratégique Canada-Israël. Ce protocole prévoit notamment une plus grande coopération entre les deux pays sur le plan de la sécurité et du renseignement, le renforcement de leurs relations en matière de défense et de sécurité, de même qu'une amélioration de leurs liens commerciaux et académiques. Il porte aussi sur l'innovation, l'énergie, l'aide internationale et la promotion des droits de la personne.
L'objectif est d'augmenter le commerce de marchandises entre le Canada et Israël, qui, selon le cabinet du premier ministre Harper, a atteint 1,41 milliard $ en 2012.
Dans un communiqué, Stephen Harper a indiqué que le protocole d'entente établissait «l'orientation stratégique pour le renforcement des relations entre les deux pays».
«Les nombreux secteurs dans lesquels nous désirons tous deux élargir notre collaboration témoignent véritablement de la bonne entente entre nos deux nations», a-t-il ajouté.
Six ministres étaient aux côtés de M. Harper lors de sa rencontre, mardi, avec Benyamin Nétanyahou: le ministre des Affaires étrangères, John Baird, le ministre de l'Emploi, Jason Kenney, le ministre de l'Industrie, James Moore, le ministre des Ressources naturelles, Joe Oliver, le ministre du Développement international, Christian Paradis, et le ministre du Commerce international, Ed Fast.
Le premier ministre canadien a rencontré M. Nétanyahou, qui l'a appelé par son prénom et a souvent fait référence à lui comme étant «un ami d'Israël», après avoir été chaleureusement accueilli par le président israélien, Shimon Peres, à son bureau.
Lundi, M. Harper avait prononcé un discours historique à la Knesset, le Parlement d'Israël, dans lequel il avait prévenu les Israéliens que l'antisémitisme s'est transformé, et que ceux qui s'opposent à l'État juif sont bel et bien antisémites.
Plus tôt lundi, Stephen Harper avait rencontré le président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, et offert 66 millions $ en aide supplémentaire canadienne aux Palestiniens.