Angela Merkel et Stephen Harper lors du rencontre en août 2012.

Harper et Merkel prêts à adopter d'autres sanctions

Le premier ministre Stephen Harper a rencontré la chancelière allemande Angela Merkel, jeudi, à Berlin.
Les deux dirigeants ont abordé les relations commerciales entre le Canada et l'Allemagne mais leurs entretiens ont surtout porté sur les récents événements survenus en Ukraine.
Selon M. Harper, le président russe Vladimir Poutine ne veut pas être un partenaire pour ses collègues des pays industrialisés, mais plutôt un rival. «Malgré nos efforts pour faire de M. Poutine un partenaire, il a continué à se comporter en rival, c'est malheureux, mais c'est la réalité. Pour moi, pour le gouvernement du Canada, c'est difficile d'imaginer un retour à la table du G8 s'il ne change pas de direction de façon fondamentale», a déclaré M. Harper.
Par conséquent, M. Harper estime qu'il ne peut pas voir de moyen pour M. Poutine de revenir au sein du G8 sans un changement fondamental.
La Russie a effectivement été exclue du G8 plus tôt cette semaine en raison de l'annexion de la péninsule de Crimée, qui faisait partie de l'Ukraine.
Merkel prête à aller plus loin
Pour sa part, Mme Merkel a espéré que la menace de sanctions supplémentaires à l'encontre de la Russie suffirait à la dissuader de poursuivre l'escalade en Ukraine, mais a souligné que l'Europe était prête à franchir le pas, si nécessaire. «J'espère que nous n'en arriverons pas là», a-t-elle déclaré, ajoutant: «la Russie a besoin d'échanges et du commerce (...) C'est pourquoi la Russie a beaucoup à perdre et c'est aussi pourquoi je suis plutôt calme».
La chancelière a souligné que l'Europe devrait revoir sa politique énergétique à long terme afin de réduire sa dépendance à l'égard du gaz et du pétrole russes. «Il va y avoir un nouveau regard sur la politique énergétique dans son ensemble», a-t-elle promis, reconnaissant que l'Union européenne (UE) était encore très dépendante de la Russie.
L'UE a réagi à la prise de contrôle sur la Crimée par Moscou en adoptant des sanctions à l'encontre de responsables Russes ou Ukrainiens pro-russes. La semaine dernière, l'UE a ajouté douze noms, portant à 33 le nombre des personnes ciblées. Les responsables des 28 pays membres ont souligné qu'ils étaient prêts à prendre des sanctions économiques à l'encontre de la Russie si les tensions avec l'Ukraine devaient s'accentuer. Kiev s'inquiète notamment d'une possible intervention russe visant d'autres parties du territoire ukrainien.