Benoît Groulx a refusé de prendre le crédit pour l'impressionnant parcours de son club en séries.

Groulx finaliste de la coupe Calder

Le retour de Benoît Groulx dans la Ligue américaine (LAH) aura été presque parfait.
En saison régulière, l'entraîneur gatinois a mené le Crunch de Syracuse au championnat de la division nord de la LAH. Dans les séries éliminatoires, il a encore su tirer les bonnes ficelles pour atteindre la finale de la coupe Calder. Après avoir causé quelques surprises en cours de route, le club-école du Lightning de Tampa Bay s'est incliné en six matches face aux Griffins de Grand Rapids.
La coupe Calder s'est gagnée mardi soir, deux jours après le sacre des Penguins de Pittsburgh dans la LNH.
«Ça faisait drôle d'être les derniers à jouer cette saison, a raconté Groulx lorsque joint par Le Droit jeudi. Nous avons fait un beau parcours, mais les Griffons ont été plus opportunistes que nous. Ils ont gagné quelques matches par un but. Ils ont eu le gros arrêt ou le gros but au bon moment. C'est ce qui a fait la différence, mais c'est aussi pourquoi les Griffins méritent leur championnat.»
En saison régulière, le Crunch a pris le premier rang de sa division avec une fiche de 38-24-14, mais la section nord était aussi la plus faible du circuit.
Dans les séries, le Crunch détenait le 11e meilleur dossier parmi les 16 équipes qualifiées.
Benoît Groulx a toutefois refusé de prendre le crédit pour le parcours de son club dans le tournoi printanier.
«Nous avions un très bon club sauf qu'en saison régulière, nous avons dû composer avec d'importantes blessures. Puis, à un moment donné, six de nos joueurs étaient avec le Lightning. Quand Tampa Bay a été éliminé dans la LNH et que nous avons pu récupérer nos joueurs, tout le monde a joué avec plus de confiance.»
Mieux outillé
À son deuxième séjour dans la LAH, Benoît Groulx se sentait mieux outillé pour soutirer le meilleur de son équipe. Il a d'ailleurs été retenu pour le Match des étoiles.
«J'avais plus d'expérience, mais je dois admettre que je suis tombé dans une bonne organisation. Le Lightning fait les choses de la bonne façon. Nous étions quatre entraîneurs à temps plein cette année. Quand j'étais à Rochester, nous étions deux. Aussi, ça faisait deux ou trois ans que je me sentais vraiment prêt à faire le saut. Le timing était bon. J'ai été engagé plus tôt également (en mai). Avec les Panthers (de la Floride), j'avais été embauché un 22 août. J'ai donc eu le temps de préparer la saison. Enfin, il y a Julien Brisebois (le directeur général) qui connaissait la ligue comme le fond de sa poche. À la date limite des transactions, il est allé nous chercher un gardien et Mike McKenna a été fantastique dans les séries éliminatoires.»
Visages familiers
Chez les professionnels, il a retrouvé plusieurs visages familiers. Parmi ses équipiers, il y avait huit anciens de la LHJMQ, dont Tye McGinn qu'il avait dirigé chez les Olympiques de Gatineau.
«Tye ne l'a pas eu facile, car il s'est blessé dès le deuxième match de l'année. Il a raté presque toute la saison. Il a récolté presque un point par match à son retour et il a connu d'excellentes séries.»
Yanni Gourde, un ancien des Tigres de Victoriaville, a été son meilleur compteur des séries avec l'ex-Sénateur d'Ottawa Cory Conacher. Jonathan Racine, Daniel Walcott, Mathieu Brodeur, Adam Erne, Gabriel Dumont et Michaël Bournival faisaient aussi partie de son club. «Je croyais les connaître, mais dans le fond, je me suis aperçu que je ne les connaissais pas vraiment. Je les connaissais comme adversaires. Quand tu es leur entraîneur, tu apprends à les connaître différemment.»
Avec fiston
Le long parcours de 22 matches en séries du Crunch a aussi permis au fils de Benoît Groulx de suivre son équipe de près. Après l'élimination des Mooseheads de Halifax, Benoît-Olivier a rejoint son père à Syracuse où il s'entraîne quotidiennement.
«Il a eu la chance de nous suivre partout et il s'entraîne sans relâche avec nos entraîneurs ici.»
La paire n'a pas l'intention de rentrer à Gatineau bientôt. «Mes logements sont loués à Gatineau. Le repêchage de la LNH s'en vient, puis il y aura le camp de développement. Je vais prendre des vacances après, puis si Benoît-Olivier reçoit l'appel d'Équipe Canada des moins de 18 ans, je l'accompagnerais sûrement. Je vais aller faire un petit tour à Gatineau, mais j'étais mûr pour un changement et je suis bien à Syracuse.»
Même s'il a bien fait cette saison, Groulx ne s'attend pas à se faire courtiser par une autre équipe de la LNH durant l'été. «J'ai un contrat de trois ans ici. Je m'attends à diriger le Crunch l'an prochain.»