Ceremonie d'ouverture des jeux de la francophonie canadienne14/07/23 Photo : Simon Séguin-Bertrand, LeDroit

Gatineau vibre au son de la francophonie

Après trois ans d'attente et de préparation, les sixièmes Jeux de la francophonie se sont ouverts hier soir dans la fête. Une pléiade de chanteurs, danseurs, musiciens et artistes de tout acabit, d'ici et d'ailleurs au pays, ont fait vibrer la place de la Cité, à un jet de pierre de la Maison de la culture de Gatineau.
« Le party, y commence maintenant », a lancé d'entrée de jeu le comédien verbomoteur et coanimateur de la soirée, Patrice Bélanger, pendant que les quelque 1 000 participants venus des quatre coins du Canada électrisaient l'ambiance avec des chants de ralliements.
Sur un air solennel prêté par l'Orchestre symphonique de Gatineau, le président d'honneur des jeux, l'ancien ministre Benoit Pelletier, a rappelé l'importance de l'événement, devant une salle comble de 2 500 spectateurs. Des centaines de curieux s'étaient aussi massés tout autour de la place de la Cité.
« J'aimerais rappeler qu'il s'agit d'une langue merveilleuse que l'on doit faire rayonner davantage, a-t-il plaidé. Le slogan des jeux, Unis d'un accent à l'autre, traduit la force et la diversité de la francophonie canadienne. »
Les douze délégations, d'ouest en est, ont fait leur entrée, tour à tour présentée de façon humoristique par les coanimateurs Patrice Bélanger et le footballeur Étienne Boulay.
L'humoriste Boucar Diouf, amant des mots, a invité les participants venus du Yukon en passant par le Nouveau-Brunswick et l'Alberta, à « conjuguer vos efforts et conjuguer vos accents, au lieu mettre l'accent sur vos différences ».
Le chanteur festif franco-ontarien, Damien Robitaille, n'a pas préparé de grands discours, préférant « prêcher par l'exemple ».
« Quand j'étais jeune, je détestais quand on me disait 'Damien parle en français'. Le plus cool, c'est quand tu voyais un spectacle ou quelqu'un d'inspirant qui vivait en français et là tu te dis 'Ça se peut ! »» a-t-il confié quelques minutes avant de monter sur scène.
La froide soirée de juillet en a fait grelotter plus d'un. Le groupe acadien Radio Radio et le rappeur québécois d'origine algonquine Samiam ont réchauffé l'ambiance avec leurs rythmes endiablés. Tout comme la percussionniste Mélissa Lavergne.
Jusqu'à dimanche, un millier de jeunes, âgés de 13 à 18 ans démontreront leurs talents dans trois volets, soit le sport, les arts et le leadership.
À la manière d'un match de hockey (ou presque), on s'est levé, enlevé chapeaux et casquettes (pour la plupart) et entonné la version unilingue française de l'hymne national.
Quelques mots en anglais
La cérémonie d'ouverture s'est déroulée entièrement dans la langue de Molière.
Seule la ministre du Patrimoine canadien et des Langues officielles, Shelly Glover, s'est permise de glisser dans son discours quelques mots dans l'autre langue officielle.
« You make us so proud. Vive la francophonie pour toujours », a-t-elle lancé.
Des médailles seront distribuées. Il y aura des gagnants en bronze, en argent et en or. La ministre responsable de l'Outaouais, Stéphanie Vallée, a tenu à rappeler aux participants de « tirer le meilleur de cette expérience de vie pour faire des rencontres inoubliables, au-delà des compétitions. »
Le maire de Gatineau a officiellement ouvert les jeux en toute fin de cérémonie, qui s'est conclue avec l'interprétation par Luc De Larochellière et Andrea Lindsay de son hymne officiel.
Animés par la curiosité, de nombreux Gatinois s'étaient déjà approprié le Village des Jeux Radio-Canada, en soirée. Collette Toussaint s'est dit ravie que Gatineau soit le rendez-vous d'un événement francophone pancanadien important. L'Outaouais estime-t-elle, n'est pas à l'abri de l'anglicisation.
« Je viens de Québec et je me sens dépaysée des fois dans la région. D'avoir ce genre d'événement, c'est rafraîchissant. Je trouve ça extraordinaire », affirme-t-elle.
Jusqu'à la fin des jeux, une foule d'activités seront offertes le long du boulevard de la Gappe, entre la rue de Rouville et le boulevard de la Cité.