L'hôtel Chez Henri

Gatineau gagne sa cause dans la saga Chez Henri

Un autre revirement à 180 degrés s'est produit dans l'épineux dossier de l'hôtel Chez Henri, objet d'une saga rarement vue à Gatineau, après sa démolition partielle et sa rénovation par l'entreprise de l'homme d'affaires Nader Dormani.
La Cour d'appel a accueilli la requête de la Ville de Gatineau, qui cherchait à faire infirmer la décision de la Cour supérieure en faveur de l'entreprise de M. Dormani.
Les deux parties reviennent donc à la première décision de la cour municipale, qui avait condamné l'entreprise 6250424 Canada inc. à payer plus de 60000$ d'amende, en 2009, pour la démolition du troisième étage de l'hôtel Chez Henri. Le bâtiment de la promenade du Portage est protégé par une citation historique.
Les trois juges de la Cour d'appel du Québec ont répondu favorablement à la Ville de Gatineau, qui soutient que les travaux de démolition de l'immeuble étaient non autorisés. L'homme d'affaires veut étudier la décision de la Cour d'appel en profondeur. Il n'est «pas impossible», dit-il, que le dossier soit porté à l'attention de la Cour suprême.
«Pas logique»
Pour le moment, Nader Dormani demeure très amer.
Il dénonce l'attitude de la Ville, qui, selon lui, «a gagné sur un point technique, et non sur les faits».
L'homme d'affaires répète que l'ancienne administration municipale s'est acharnée sur son sort. «C'est un autre exemple que le droit n'est pas une science exacte, dit-il. On mentionne (dans le jugement de la Cour d'appel) un rapport interne du comité consultatif d'urbanisme qu'on n'a jamais vu, et qui n'a jamais été attaché au permis de démolition. Ce n'est pas logique de prendre un rapport interne de la Ville, et de ne pas l'attacher au permis de démolition.»
M. Dormani soutient que la décision de l'ingénieur de démolir le troisième étage était motivée par la sécurité entourant le bâtiment. «La seule position de la Ville, c'est que c'est un bâtiment patrimonial. Les employés municipaux ont donné plusieurs instructions sans passer par le conseil municipal. C'est hypocrite de dire qu'il fallait passer par le conseil municipal. Pourquoi on nous donne la permission de démolir ailleurs sans passer par conseil municipal, et que, tout à coup, il faut le faire?»
Nader Dormani se dit assuré que l'ancien maire Marc Bureau a «voulu sauver la face», à l'approche des élections. «Le juge de la cour municipale admet qu'on ne pouvait pas sauver le troisième étage.»