Lady Gaga sur les Plaines.

Gaga et ses «Little Monsters» font du Bluesfest un «Lovefest»

Une orgie de décibels, de couleurs, de perruques, de costumes et de pop branchée et dansante. Des pluies de confettis en forme de coeurs, de cochons, de coquillages et d'étoiles virevoltant dans les éclairages et le vent. Plus d'une quinzaine de musiciens et danseurs. Une Lady Gaga qui a chanté et dansé (à en chercher parfois son souffle entre deux pièces) en plus de changer de looks (carrément sur scène, à un moment donné) tout au long de la soirée. Et près de 30 000 «Little Monsters» massés à ses pieds sur les plaines LeBreton.
Tous ensemble, ils auront «fait du Bluesfest un vrai "Lovefest"!» s'est réjouie la diva, de passage à Ottawa samedi soir.
Cet arrêt dans la capitale s'inscrivait dans le cadre de sa tournée ArtRave: The ArtPop Ball, qui l'avait menée à Montréal et à Québec, plus tôt cette semaine. Bien rodé et des plus efficaces en plein air, le spectacle est bâti autour des titres de son plus récent album (incluant Applause, G.U.Y. et Do What U Want). Cela dit, Lady Gaga ne s'est pas privée de remonter dans le temps. Les premières notes de Just Dance, son premier tube, ont eu l'effet d'un électrochoc sur la foule, qui s'est mise à sauter sur place avec encore plus d'énergie. La chanteuse a poursuivi dans cette veine avec l'incontournable Poker Face et Telephone, sans oublier Paparazzi, Alejandro et Bad Romance, servie en fin de soirée dans une débauche de costumes fluo.
Car un spectacle de Lady Gaga ne serait évidemment rien sans ses nombreuses tenues excentriques, qu'elle apparaisse d'entrée de jeu affublée d'ailes dorées, se pointe telle la Venus de Botticelli, les seins recouverts de coquillages scintillants et arborant une longue chevelure (justement pour interpréter Venus), ou encore moulée dans une tenue de latex noire incluant une coiffe tentaculaire (en clin d'oeil aux Balloon Dogs de Jeff Koons, avec qui elle a travaillé sur la pochette de ArtPop?). Peu importe le costume, il ne lui cache jamais totalement le popotin...
En communion avec ses fans
Toujours est-il qu'à travers toutes ces extravagances, ArtRave réserve des instants de réelle communion entre l'artiste et son public.
«Comme il s'agit du Bluesfest, je me suis dit que je vous chanterais quelque chose de différent...», a-t-elle notamment déclaré, une fois seule sur scène, avant de proposer une relecture aussi étonnante de sobriété qu'impressionnante sur le plan vocal de I've Got A Crush On You, de Frank Sinatra.
Elle s'est ensuite installée au piano pour livrer une version acoustique particulièrement ressentie et prenante de Born This Way, dont le public a repris avec coeur le refrain.
«Vous avez changé ma vie. Vous me faites sentir à la maison à chaque endroit où l'on se retrouve. Je suis privilégiée d'avoir des fans comme vous!» a-t-elle lancé aux gens à quelques reprises, au cours de la soirée.
Si Lady Gaga a ainsi souvent répété puiser chez ses admirateurs la force de rester elle-même, elle en inspire plus d'un en retour. À preuve, cette lettre lancée sur scène qu'elle a pris le temps de lire, avant de descendre faire une accolade à son auteur: «Grâce à toi, j'ai compris que ce n'est pas au monde de me dire qui je dois être, mais à moi de dire au monde qui je suis», témoignait le jeune homme, aperçu en train d'essuyer ses larmes à entendre son idole lire son message, quand la caméra l'a trouvé dans la foule.
Plusieurs «petits monstres» (la plupart adultes) s'étaient par ailleurs présentés costumés, ce qui n'a pas échappé non plus à la chanteuse. Deux jeunes femmes ont particulièrement attiré son attention par leurs déguisements quasi-identiques au sien, si bien qu'elle les a invitées à venir danser avec elle et sa bande sur Swine. Puis, une autre, vêtue des coquillages de sa Venus, a également eu droit à son tour de piste, lorsque Lady Gaga a terminé la soirée avec Gypsy, en guise d'ultime rappel.  
Il est à noter qu'à l'instar de celles de mercredi au Centre Bell et vendredi au Festival de Québec, la prestation de Lady Gaga à Ottawa s'est déroulée en l'absence des photographes professionnels (incluant ceux des médias accrédités), qui se sont vus interdire le droit de prendre des images du spectacle. Le chanteur country Blake Shelton avait émis une même interdiction, jeudi, lors de la soirée d'ouverture du Bluesfest.