François Dubé, entre Notes et anecdotes (en vidéo)

Renée Claude, Céline Dion, Alys Robi, Mario Pelchat, Jean Leloup, Luc De Larochellière, alouette... Le compositeur et directeur musical franco-ontarien François Dubé a passé près de 40 ans à accompagner au piano les plus grands artistes québécois.
Jeudi, c'est à son tour d'être au centre des projecteurs: il donnera son tout premier concert solo (un peintre et un danseur l'accompagnaient en 2001, à l'époque du récital Le Monde selon François) sur les planches de la salle Jean-Despréz, en même temps qu'il lancera son tout nouvel album, Notes et anecdotes.
Un album «très personnel» de 16 compositions originales créées à partir d'improvisations, dit-il, en plaquant quelques accords sur son piano à queue afin d'illustrer le jeu de dissonances subtiles et les tensions harmoniques «à la Erik Satie» qui ont alimenté ses récentes pièces.
À deux mois du cap de la soixantaine, l'artiste conserve une énergie juvénile. En toute liberté, il improvisera sur scène, tant au piano, autour des thèmes, que dans ses interventions.
Même si ses mélodies se dispensent d'interprétation vocale, la voix de cet intarissable raconteur résonnera bel et bien dans la salle Odyssée, puisqu'il évoquera, entre les morceaux, une vie passée dans les loges de ses amies vedettes, ou caché derrière des micros radiophoniques. 
Entre humour et émotion, «je partage des anecdotes, des faits cocasses - pas la musique - de tous ces grands artistes», explique celui qui fut le grand instigateur du spectacle Simplement Marnay, présenté à Gatineau en 2003 en hommage à Eddy Marnay, et auquel avait notamment participé Céline Dion. 
Il parlera bien sûr des préparatifs de cette belle aventure, vue du salon d'Eddy Marnay ou du bureau de René Angélil. Il ne pourra pas éviter l'«orgasme musical» de sa première audition pour Renée Claude, une idole de jeunesse... avec laquelle il allait partager la scène pendant 30 ans.
Il mentionnera sans doute l'époque - de 1979 à 1987 - où il côtoyait les artistes émergents du Festival de la chanson de Granby, à titre de chef d'orchestre du house band. «Un soir, en finale, j'ai vécu live le changement de nom de Jean Leclerc en Jean Leloup», se souvient-il. 
Ses digressions évoqueront les petites coïncidences de la vie qui font les grandes rencontres. Les rêves réalisés et ceux qu'il lui reste. Et peut-être, au passage, quelques mésaventures...
Au cours de ce spectacle qui sera repris le 20 mars à la Place des Arts, à Montréal, «on sera surtout en coulisses ou en voyage entre deux villes». «J'humanise ces artistes qui sont souvent mis sur un piédestal, je parle de leurs bons coups, ou de certains moins bons. En même temps, c'est aussi un peu un bilan de ce que j'ai accompli, et l'occasion de voir où je m'en vais», dit ce compositeur, pédagogue et producteur discret, mais certainement pas par timidité.