Justin Dalley et Sophie Bastarache, deux participants aux Jeux de la francophonie canadienne venus de la Nouvelle-Écosse

Fierté et chaos organisé

C'était comme un «chaos organisé», hier matin, à la polyvalente Le Carrefour, à Gatineau.
Des centaines de jeunes venus de partout au pays, à l'exception du Nunavut, sont arrivés à Gatineau pour le début des Jeux de la francophonie canadienne qui se dérouleront jusqu'à dimanche.
Ce sont d'abord une trentaine de jeunes Canadiens venus de l'Île-du-Prince-Édouard qui ont débarqués à la polyvalente. Ils ont été suivis par la délégation d'une cinquantaine de jeunes de la Nouvelle-Écosse, puis les autobus venus des quatre coins du Québec ont à leur tour fait la queue aux portes de l'école.
Les délégations de l'Ontario, de Terre-Neuve, du Nouveau-Brunswick et de l'Ouest canadien, ainsi que celles des Territoires du Nord-Ouest et du Yukon étaient attendues en après-midi. Et tout ce beau monde était immédiatement pris en charge par une armée de bénévoles des Jeux.
Il n'était pas rare d'entendre les jeunes des délégations hors-Québec se parler en anglais entre eux. Un peu étrange étant donné la raison de leur visite à Gatineau, faut-il admettre. Mais c'est tout à fait normal quand on est issu d'un milieu où les francophones forment une infime minorité.
Ils partagent cependant tous une même fierté, celle de la langue française, et ils comprennent très bien l'importance de la conserver, et la valeur du bilinguisme.
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Je me suis entretenu avec Justin Dalley et Sophie Bastarache, deux participants aux Jeux de la francophonie canadienne venus de la Nouvelle-Écosse.
Justin, 17 ans, est originaire de Dartmouth et sera des compétitions de basket-ball, tandis que Sophie, 16 ans, habite la ville de Truro, à une heure de route d'Halifax, et elle fera partie de l'équipe néo-écossaise de volley-ball.
Pourquoi, à l'instar de presque 1000 autres jeunes Canadiens, ont-ils voulu participer aux Jeux de la francophonie canadienne à Gatineau?
«D'abord parce que j'aime les sports, le basket-ball est ma passion, répond Justin. Mais aussi pour rencontrer plus de francophones. Et en venant ici, ça me donne une bonne opportunité de communiquer avec d'autres francophones venus de partout au Canada.
- À la maison, vous parlez le français ou l'anglais?
- À la maison on parle plus ou moins en anglais, mon père est anglophone, répond Justin. Mais je parle français avec ma mère et mes grands-parents.
- On parle en français chez nous, de répondre pour sa part Sophie. Toute ma famille est acadienne, mes parents sont francophones.
- Mais je dénote un petit accent anglais dans ton accent acadien Sophie, que je lui dis en souriant.
- Je sais, je mélange parfois les deux langues, dit-elle. Tout dépend à qui je parle. Quand je parle avec ma famille, je parle plus en français. Avec mes amis, je parle avec un accent anglophone. Mais ça change naturellement, ce n'est pas comme si je fais un effort pour changer mon accent. Ç'a arrive comme ça.
- Et c'est important pour toi de conserver ton français?
- Oui, parce qu'on a plus d'opportunités de carrières dans l'avenir quand on est bilingue.
- Et toi, Justin?
- Bien sûr. Et je vais continuer à parler français après mon secondaire. Je veux faire carrière dans l'armée. Et le fait que je sois bilingue sera tellement important dans l'avenir. Ça va m'aider dans ma carrière. Je veux devenir ingénieur mais je ne veux pas avoir besoin de payer 100000$ pour étudier. Donc l'armée, pour moi, fait du sens.
- C'est difficile dans votre coin de la Nouvelle-Écosse de trouver du matériel en français, comme des films, des livres et tout ça?
(Les deux m'ont regardé comme si je sortais tout droit des années 1950. Puis après quelques secondes, Justin a répondu:)
- Mais monsieur, il y a Internet. On peut trouver tout ce qu'on veut sur Internet. Des émissions de télé en français, des films, des journaux et tout ça.
(Eh bien... on dira ce qu'on voudra d'Internet, mais son utilité pour lier et unir les francophones de la planète est indéniable).
- Avez-vous déjà visité la région de Gatineau?
- Je suis venu à Ottawa il y a trois ans, répond Sophie. Mon frère graduait du secondaire et nous sommes venus visiter l'Université d'Ottawa. Donc nous avons visité la ville, et j'ai visité un peu Gatineau aussi durant ce voyage d'une semaine. C'est vraiment beau ici. C'est différent de chez moi.
- Pour moi, c'est ma première fois à Gatineau, enchaîne Justin. Et je n'avais pas entendu parler beaucoup de cette ville avant. Donc quand j'ai su que les Jeux allaient se dérouler ici, j'ai fait des recherches sur le Web pour voir des photos de Gatineau et tout ça. C'est vraiment beau. Malheureusement, tout est pas mal planifié à la seconde près ici aux Jeux. Nous n'aurons pas vraiment le temps de visiter la région. Mais j'aimerais voir le Parlement à Ottawa, ce serait beau de voir ça.
- Merci à vous deux. Bonne chance dans vos compétitions, et bienvenue à Gatineau!
- Merci!».