Fermeture d'usines : « Le nouveau régime a le dos large »

Le ministre québécois des Forêts, de la Faune et des Parcs persiste et signe : le nouveau régime forestier n'est pas responsable de la fermeture temporaire des usines de Maniwaki et de Gatineau. Des problèmes d'approvisionnement combinés à une situation économique complexe sont les principaux responsables, selon le ministre.
Laurent Lessard était de passage en Outaouais, hier, alors que 80 employés de la scierie Produits forestiers Résolu (PFR) de Maniwaki retournaient au travail après un congé forcé de plus de deux mois. Les 125 employés de l'usine de Gatineau, fermée depuis la mi-juin, devront attendre jusqu'au 14 juillet avant de reprendre le travail. Les deux usines avaient cessé leurs opérations en raison de problèmes d'approvisionnement en matière première.
« Nous sommes très contents, car nous avons travaillé fort pour rouvrir cette usine. Il est impensable qu'elle soit fermée : elle est rentable et elle devait rouvrir le plus rapidement possible », a indiqué le ministre Lessard.
Tant à Maniwaki qu'à Gatineau, les représentants syndicaux ont affirmé que le nouveau régime forestier était responsable de ces deux fermetures. L'ancien régime forestier permettait aux entreprises de planifier les travaux et les territoires de récolte, qu'ils soumettaient ensuite à Québec en décembre pour approbation pour la saison suivante, du 1er avril au 31 mars. Depuis avril dernier, le nouveau régime prévoit plutôt que le ministère planifie les récoltes et avise les compagnies forestières des territoires où elles s'approvisionneront.
« Le nouveau régime a le dos large, lance d'emblée le ministre Lessard. Il y avait des fermetures temporaires même sous l'ancien régime, donc on ne peut pas dire que celui-ci fonctionnait. »
Il est toutefois difficile pour le ministre de garantir que de telles fermetures temporaires sont maintenant de l'histoire ancienne en Outaouais. Il estime toutefois que le prix du bois aux États-Unis et l'entente de trois ans qui a été conclue entre Québec et PFR devraient offrir un peu plus de stabilité aux travailleurs.
« Nous souhaitons aussi maintenir des tables de discussion permanentes afin de connaître les problématiques. De cette façon, il y aura en tout temps des agents responsables pour prendre des décisions et, souhaitons-le, éviter des fermetures », souhaite M. Lessard.
Le ministre a par ailleurs répondu au président du syndicat de l'usine PFR de Gatineau, Gaston Carrière, qui lui conseillait de consulter les syndicats rapidement lors de ce type de conflit afin d'éviter les fermetures temporaires.
« Je ne connais pas les dialogues qu'il y a entre l'entreprise et les employeurs, mais nous souhaitons évidemment que cette discussion soit la meilleure possible. Ceci dit, je ne sais pas comment le syndicat peut aider lorsqu'il est question d'approvisionnement. Mais s'ils veulent contribuer à trouver une solution, ils peuvent certainement le faire », mentionne le ministre Lessard.
Ce dernier a précisé que le gouvernement tentait présentement de conclure une entente à long terme avec les producteurs forestiers privés afin de minimiser les problèmes d'approvisionnement.