Fancy Ghetto, d'Alexandre Désilets

Après nous avoir fait planer sur ses deux premiers disques, Alexandre Désilets veut nous faire danser.
Il peut dire mission accomplie! Branché sur une énergie aussi urbaine que nocturne, l'auteur, compositeur et interprète de 38 ans nous entraîne à sa suite sur la piste des personnages qui hantent les rues, bars, appartements et autres recoins de son imaginaire.
Les sonorités électro enfièvrent les corps, se mâtinent tantôt de rythmes africains (sur la - presque trop - syncopée Bats-toi mon coeur), tantôt d'une touche de mélancolie charnelle (Rejoins-moi, ballade sensuelle à souhait). Sur des mélodies d'une redoutable efficacité (Au diable, Perle rare et Renégat s'avèrent de vrais vers d'oreille), le Gatinois propose une poésie certes plus incarnée, mais toujours évocatrice, voire satirique (Crime parfait).
Dans la ferveur de ces nuits fauves, il évoque aussi avec justesse la solitude des âmes vagabondes (superbe Hymne à la joie).