La député sortante de Hull Maryse Gaudreault était accompagnée de l'ancien ministre de la Santé, Yves Bolduc, lundi.

Faculté de médecine: malaise au PQ, indifférence au PLQ

L'Outaouais ne doit pas se laisser distraire par un faux enjeu linguistique qui pourrait bloquer ou ralentir l'arrivée d'une faculté satellite de médecine de l'Université McGill à Gatineau, selon l'ex-ministre libéral de la Santé, Yves Bolduc.
«C'est ça ou rien», a réagi la députée libérale sortante dans Hull, Maryse Gaudreault, à la suite des révélations du Droit, hier, confirmant que près du quart de la formation qui sera offerte par McGill à la faculté satellite de médecine de Gatineau sera dispensée en langue anglaise.
Pour le PQ, par contre, la question de la langue crée un certain malaise. Le candidat péquiste dans Hull, Gilles Aubé, s'est fermement engagé, comme l'ont fait les libéraux la semaine dernière, à ce que son parti finance la venue de cette faculté satellite de médecine à temps pour 2016. Il y ajoute toutefois un bémol. L'aspect du plan d'affaires lié à la langue d'enseignement demeure à l'étude. Le malaise n'est cependant pas suffisamment profond pour bloquer le projet.
«La faculté, c'est un engagement ferme de notre parti et dans un prochain mandat on s'engage à réaliser une faculté satellite de médecine avec le financement requis pour le faire, a affirmé M. Aubé. Le plan d'affaires présenté au ministre de la Santé, Réjean Hébert, est bon et a notre appui. Nous débloquons enfin la formation en médecine dans notre région, c'est majeur. Quant à l'aspect linguistique du plan, il est encore à l'étude. Nous aurons jusqu'en 2016 pour nous pencher sur cet aspect particulier. Nous donnons aujourd'hui notre accord au projet, mais nous allons réfléchir avec soins à l'aspect de la langue. Ça pose une interrogation, mais nous souhaitons que le projet aille de l'avant quand même.»
Ottawa plus francophone
Que l'Université d'Ottawa - ou encore de Moncton - soit en mesure d'offrir ce que McGill n'offrira pas à Gatineau, c'est-à-dire des cours théoriques entièrement en français, est en partie dû au contexte régional, a indiqué M. Bolduc.
«Vous êtes proche d'une province anglophone et c'est aussi important pour la population anglophone d'avoir des services dans sa langue, a-t-il d'abord expliqué. Les cours en anglais sont loin d'être un inconvénient. Il faut encourager le bilinguisme. La médecine dépasse les frontières de la langue. Pour moi, ce n'est pas un enjeu, et ce ne le sera pas non plus pour les étudiants. Il ne faut pas inventer un enjeu où il n'y en a pas. La langue, c'est une chose et la formation médicale c'en est une autre.»
Complètement à l'opposé du spectre, le candidat de Québec solidaire dans Hull, Benoît Renaud, rappelle que la langue commune au Québec est le français et que le plan de l'Université McGill est un manque de respect de cette spécificité québécoise. «C'est d'autant plus grave qu'il s'agit de la totalité de la formation théorique de base, a-t-il affirmé par voie de communiqué. Pour réaliser ce projet dans le respect de la langue commune, il faut un McGill français en Outaouais. Cette simple exigence ne devrait pas retarder la réalisation du projet si les partenaires en font une priorité.»
L'Outaouais en otage
Le président d'Impératif français, Jean-Paul Perreault, accuse le gouvernement et l'Université McGill de prendre l'Outaouais en otage.
«C'est comme si on disait à l'Outaouais que si elle veut une faculté satellite de médecine vous devez accepter 25% de la formation en anglais, dit-il. Le gouvernement a décidé de traiter tout l'ouest du Québec comme si c'était anglophone. Nous sommes emprisonnés dans une structure qui anglicise. Tous les partenaires dans ce projet, ainsi que le ministre de l'Éducation supérieur, doivent agir et empêcher cette discrimination envers les étudiants de l'Outaouais, qui verraient leur droit d'avoir une formation entièrement en français brimé.»